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[Théâtre – Critique] Récital emphatique de Michel Fau

Divamp

Michel Fau est une Diva. Elle ne sait pas chanter? Elle ne sait pas danser? Et pourquoi s’acharner à porter des robes échancrées quand on a ce corps là?

Taisez-vous! Vous risqueriez de vexer la cantatrice et son ire pourrait aller jusqu’à annuler les dernières représentations. Et cela, il n’en est pas question. Le spectacle offert par le comédien Michel Fau, durant une heure et demi, est un régal pour qui sait apprécier les moqueries, les parodies, les battements de cils et les coups d’œil irrévérencieux aux références du théâtre et de l’opéra. En même temps qu’il se moque des grandes divas du monde lyrique (de Callas à Dessay…) et du théâtre classique, Michel Fau, se mettant lui-même en scène, rend un hommage appuyé et amusé à ces textes piliers du théâtre et à ces incontournables monuments du classique. C’est en tout état de cause cet amour immense de ce qui a construit sa passion qui lui permet d’en caricaturer à souhait les contours. Michel Fau ne se prive pas d’égratigner aussi les starlettes contemporaines, les parodiant jusqu’au ridicule, dans une déclamation abusive de Racine ou réintèrpétant une chanson de Zaz avec une fausse gravité…

La Diva interprète Camille Saint-Saens (un Samson et Dalila délicieusement massacré), interprète le Phèdre de Racine à plusieurs reprises (alternant les références, explorant à la manière de Queneau dans son Exercice de Style les différentes façons de déclamer ce texte, du plus grave au plus pathétique), offre en rappel un Carmen de Bizet tonitruant, récite un texte de Roland Menou (lui-même se moquant sans discrétion des textes de Marguerite Duras) à qui il donne, au delà de son caractère absurde, une dimension presque surréaliste. Son Castor & Pollux de Jean-Philippe Rameau est aussi hilarant que ses multiples variations du Summertime de George Gershwin (où la version jazz côtoie les versions gonflées de vibes, que n’auraient probablement pas renié les Céline Dion et consœurs…) En ultime rappel, Comme un ouragan emporte le public : Stéphanie de Monaco est encore dans les mémoires…

Le spectacle commence par une entrée en scène lamentablement grotesque. Michel Fau met les pieds dans le plat : il singe les allures de celles qui s’estiment divas, alternant les gestes artificiels, les grimaces, les regards, les pas de danse grossiers, les traversées de scène plus pathétiques que grâcieuces. La bouche se tord, les sourcils se lèvent, les mains dessinent des arabesques interminables… Les stars en prennent pour leur grade. Et le public s’époumone dans des éclats de rire ; rires que les spectateurs ne lâcheront pas jusqu’aux saluts, eux-mêmes raillerie des au revoir qui s’étirent, quand les stars nourrissent davantage leur égo, plus qu’elles ne communient avec le public. La Castaphiore protéiforme qu’incarne Michel Fau, engoncé dans ses deux robes (l’une à frou-frou, l’autre à paillettes) et alourdi d’un maquillage ostentatoire et d’une perruque avec laquelle  il joue savoureusement, propose à la scène culturelle parisienne du moment un pont entre l’excellence littéraire et le populaire, et, sans autre prétention que celle du personnage, soumet au spectateur un moment de rire et de détente simple et radicalement efficace !

Un spectacle à ne pas manquer, où l’on saura apprécier la satire des références bourgeoises, la moqueries de celles qui définissent aujourd’hui la culture populaire, la dérision, présente du début à la fin du show ; et le respect, derrière l’irrévérence, d’un comédien décidément talentueux (voir entre autres ses nombreuses collaborations avec Olivier Py…)

Après le Théâtre des Bouffes du Nord en 2011 et le théâtre Marigny, son Récital Emphatique s’installe jusqu’au 19 juillet 2014 au Théâtre de l’oeuvre… Courrez-y.

Rick Panegy

 

Du 17 avril au 23 juin 2012

au Théâtre Marigny,

Réservations au 0892 222 333

A partir du 14 mai 2014 au Théâtre de l’œuvre.

 

Verdict...
NOTES
Rick Panegy
Philip Pick
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