Musique

[Musique – Critique] Cocorosie (We are on fire) Nouvel album – Concert au Trianon

by Rick Panegy16 juillet 2012
LA CRITIQUE

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La maison de mon rêve (2004) suivi par Noah’s Arch (2005) avaient aussitôt propulsé Cocorosie au rang des curiosités incontournables de la musique contemporaine : des mélanges étonnants de lyrique et de gospel, de pop et de rap, effaçaient la frontière entre musique populaire et expérimentale. La folk psychédélique revivait alors, à travers ce duo féminin américain ses meilleures années depuis Donovan. Des bruits de jouets, d’ustensiles du quotidien accompagnaient les voix atypiques du duo. Les soeurs Cassidy jonglaient alors avec le poétique et l’évanescent, la rareté dans l’originalité d’une composition composite. Good Friday, Terrible Angels, Beautifudel Boys ou K-Hole restent de formidables morceaux d’audace délicieux. The Adventures of Ghosthorse & Stillborn (2007) quittaient les rangs de la neo-folk pure pour glisser vers davantage de hip-hop, aux sonorités R’nB. Tous les concerts qui suivirent utilisaient le beat-box comme nouveau moteur. Le groupe américano-parisien (les soeurs Cassidy sont passionnées par Paris) enthousiasmait alors critique et public. L’album contenait de nombreuses perles, tantôt mystiques, tantôt électriques et entrainantes, aux gimmicks innombrables. Werewolf ou Rainbowarriors, par exemple, sont deux perles merveilleusement indispensables !

Grey Oceans (2010) fut une relative déception. Si l’exploration hip-hop fut poussée jusqu’à couvrir parfois les sons freak-folk et les combinaisons multiples des voix hors-normes des deux sœurs élargies, on regretta l’abandon, ou l’éloignement, d’un univers onirique et presque enfantin, qui donnait jusqu’alors à leurs œuvres l’aspect d’épures paradoxales, aux accents d’insouciance nostalgique.

We are on fire (2012) signe le retour de Bianca et Sierra Cassidy aux expérimentations musicales. Le premier extrait, We are on fire, presque trip-hop, fait la place belle à la voix de Bianca Cassidy, toujours plus éraillée et plus nasillarde. L’album, présenté (en partie) notamment au Trianon à Paris le 12 juillet, est encore l’occasion de jouer sur les univers opposés et contraires des deux artistes. La harpe et la voix lyrique de Sierra Cassidy sont parfois un peu trop outrancières et le mutisme de Bianca poussé jusqu’au surjeu. Pourtant, le concert permet aux deux sœurs de présenter au public un nouvel angle : à côté du beat-box de Tez, désormais habituel auprès de Cocorosie et à tous leurs concerts (permettant d’exaltantes  ruptures de rythme après les passages lyriques de Sierra), les deux sœurs ont  convié le collectif Rajasthan Roots, et mêlent ainsi leur univers déjà décalé et teints de mille influences aux sons new folk blues ethnique du groupe indien. Kartal, morchang et alghoza côtoient les instruments plus pop sur une  scène hélas peu travaillée. Outre les costumes toujours singuliers des deux chanteuses, les seules recherches visuelles se limitent à la projection sur grand écran des images du clip We are on fire d’Emma Freeman, où une hyper slow-motion stylisée se répète en boucle pendant toute la durée du show.

Après trois chansons un peu pâles, laissant les spectateurs dans une semi-torpeur, le groupe réveille la salle avec We are on fire et ne laissera plus retomber une ambiance survoltée, malgré un inutile danseur, un discours un peu trop ésotérique du leader des Rajasthan Roots et des élans trop lyriques de Sierra Cassidy, qu’un mixage son fait résonner à outrance dans la salle.

Le single We are on fire est disponible depuis le 5 juin. En B-Side, un deuxième titre Tearz for animals permet de nouveau à Cocorosie de collaborer avec un des artistes de la scène indé, Antony Hegarty (Antony and the Johnsons), avec qui elles avaient déjà travaillé à de nombreuses reprises (notamment sur le très beau Beautiful boys).

Rick Panegy

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