[Film - Critique] American Pie 4 de J.Hurwitz et H.Schlossberg : un opus fade et lassant, à l’humour dépassé.

La série à succès des American Pie, qui cultive, depuis 1999 et le premier opus, la recette gourmande de la goujaterie et du trash teenage, s’essouffla rapidement (les deux épisodes suivants, en 2001 et 2003, ne firent que répéter les délires comico-sexuels de la joyeuse bande). Les spin-offs et vidéos qui accompagnèrent les films, davantage destinés aux afficionados purs, n’apportèrent rien de plus à la saga. Le quatrième opus sort donc 9 ans après le dernier épisode, et 13 ans après le premier film… Autant dire qu’on voyait déjà, et de loin, poindre les thématiques rituelles et consacrées de l’adulte trentenaire, entre approche de la maturité, nouvelles responsabilités et nostalgie adolescente. Autour de cette transition, le portrait de l’adulescent, figure phare des années 2000, allait sans subtilité occuper l’espace principal du propos du film. Sans surprise donc, American Pie 4 brode autour de ces thèmes rebattus, alternant entre gags potaches, grivois ou grossiers, et regards bienveillants à la morale banale sur l’amitié et la difficulté de grandir…

Ce qui pêche réellement dans American Pie 4, c’est davantage cet équilibre bancal entre la provocation de certaines scènes et l’attitude conservatrice que prend le déroulement du récit, mettant en avant les valeurs traditionnelles de l’amitié, de la fidélité, de l’honnêteté ou de l’engagement sincère. Dès lors, l’esprit piquant de la comédie « sexuellement » focalisée se dégonfle piètrement. A l’instar de Crazy Stupid Love récemment, l’allure faussement insolente cache une mise en avant de valeur très conservatrices et moralisatrices… Reconnaissons que quelques scènes, ici ou là (surtout dans la première moitié du film), décrochent un sourire ou un rire franc, tant le comique de situation est parfois poussé jusqu’à l’absurde (On se régale aussi et surtout de la présence -trop rare- de Jennifer Coolidge, en mère complètement hors normes).

Jennifer Coolidge, seul vrai délice outrancier de cette comédie bien pâle.
Mais hormis ces trop rares éléments, qui résonnent ipso facto comme des sketches isolés, le film arbore un rythme assez nonchalant, et s’embourbe dans d’interminables conclusions inhérentes à ses choix scénaristiques : il faut bien boucler la boucle et clore les aventures de chacun des personnages, remettre de l’ordre et ramener sur le droit chemin ces âmes dévoyées depuis 13 ans…
On prie pour que, dans 20 ans, des producteurs zélés ne se mettent pas en tête de nous raconter la suite des aventures de ces nombreux larrons de 50 ans, alors habités par le démon de midi…
Rick Panegy
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Bande-Annonce du film American Pie 4 (2012) de J.Hurwitz / H.Schlossberg



















