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[Concert – Critique] Orchestre Philharmonique de Radio France – Ion Marin / Jian Wang : Concerto pour violoncelle de Dvorak / Symphonie N°6 de Chostakovitch

by Rick Panegy29 septembre 2012
LA CRITIQUE

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Au programme de la soirée : Dvorak, Chostakovitch et Jian Wang en soliste. On aurait aussi du avoir Myung-Whun Chung à la direction de l’Orchestre philharmonique de radio France mais un problème familial important l’empêche de conduire l’orchestre ces derniers jours… C’est donc Ion Marin qui assure, au pied levé, l’intérim… Pas sûr que le spectateur en ressorte gagnant ! Le style de Marin, consensuel et lisse, permet à l’ensemble de tenir mais n’autorise pas franchement l’élan et la passion. La première partie, le concerto pour violoncelle de Dvorak, fut décevante. La seconde partie, la Symphonie N°6 de Chostakovitch est bien plus réussie.

Un concerto pour violoncelle bien fade : Jian Wang ou la discrétion totale.

Le très court programme de la soirée a déçu autant qu’il a pu réjouir. Les 45 minutes du concerto pour violoncelle de Dvorak, assez fade ce soir, puis les 35 minutes, inégales, de la 6ème symphonie de Chostakovitch, composent un programme presque frustrant. Le violoncelle solo de Jian Wang peine à assumer pleinement son rôle, il reste timide et, sans être mauvais -loin de là- il apparait davantage comme un violoncelle d’orchestre qu’un violoncelle solo. Dommage, car le concerto pour violoncelle de Dvorak est l’une des plus belles pièces pour cet instrument (avec les Concertos de Brahms ou de Chostakovitch, ou les Suites de Bach). Écouter la même œuvre avec un Rostropovitch ou une Du Pré à l’archer permet  bien plus d’apprécier les subtilités mélodiques et tonales de cette œuvre où l’équilibre entre les parties du violoncelle et celles de l’orchestre sont difficiles à tenir! Qui de Jian Wang ou de l’Orchestre Philharmonique de Radio France, ou de Ion Marin encore, est responsable de cet ensemble moyen? Les trois peut-être… Mais une chose est certaine : on n’a pas eu la « fusion » et le mélange gagnant nécessaire aux moments magiques, quand le soliste et l’orchestre, avec le chef, ne font plus qu’un…

La symphonie N°6 de Chostakovitch, terrain de jeu de l’OPRF

La deuxième partie a permis à l’Orchestre Philharmonique de Radio France de montrer une bien meilleure facette de lui-même ! Très à l’aise avec ce genre de programme, puissant et spectaculaire, l’OPRF aurait presque pu se passer de Ion Marin, dont on sent très peu l’influence sur cette 6ème symphonie de Chostakovitch. Cette œuvre atypique, un peu perturbante dans sa forme et sa progression, donne le sentiment de faire fi des codes symphoniques pour mieux arriver à un équilibre nouveau, mais original. Trois mouvements, du plus lent au plus « sautillant » amènent le spectateur à un finale puissant (sans pour autant qu’il soit gigantesque).

Le premier mouvement, qui se termine par une conclusion presque mahlerienne, de longues notes en complaintes de vents, s’étirant subtilement à l’infini, est un lent largo qui occupe plus de la moitié de l’œuvre totale. Les quelques notes de flûte ou de harpe au milieu de mouvement, qui émergent de l’ensemble de cordes, annoncent une menace, un trouble. Entre contemplation et méditation, ce premier mouvement possède presque une allure métaphysique. Quelque chose reste en suspens… Le second mouvement (allegro), dans un élan quasi-martial qui fait presque penser à Holst, est plus joyeux et l’entrain de plus en plus grandissant aboutit à une quasi explosion des cuivres et des percussions, avant un retour au calme tout relatif… Enfin, le presto, comme un écho au Boléro de Ravel, fait la part belle aux instruments, tour à tour, dans de petits solos perdus au milieu d’une ronde vive et entraînée de notes rapides et sautillantes (des allures de  Scherzo). La coda est courte mais achève puissamment ce qui devait être une symphonie reflétant « les sentiments du printemps, de la joie et de la jeunesse » ou une symphonie « célébrant Lénine ». Peut-être que l’exagération des deuxième et troisième mouvements, excessivement joyeux ou dynamiques, et répondant à un premier mouvement excessivement lent et méditatif (donnant à l’ensemble un déséquilibre de composition) est-elle le reflet d’un régime peu enclin au raisonnable…

Le spectacle se termine vers 22h, mieux qu’il n’avait commencé…

Rick Panegy

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