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Musique

[Concert – Critique] Orchestre Philharmonique de Radio France / Marek Janowski : bicentenaire de la naissance de Wagner

by Philip Pick8 janvier 2013
LA CRITIQUE

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En 2013, nous fêtons les 200 ans de la naissance de Richard Wagner. Ses opéras, de sa première « trilogie » (Le vaisseau Fantôme, Tannhaüser, Lohengrin) à sa tétralogie L’anneau du Nibelung, en passant par son chef d’œuvre Tristan et Isolde et son opéra final Parsifal, sont devenus des incontournables en même temps qu’ils appartiennent à un genre à part : à cet « opéra Wagnérien », un opéra d’une unité profonde (Wagner portait le projet dans sa totalité, du livret à la composition), un opéra d’apparence austère (l’opéra parlé, la longueur) mais d’une formidable complexité narrative et d’une sensibilité extrême (les plus forts tourments et sentiments humains).

Chez Wagner, la place de l’orchestre est aussi importante que celle des chanteurs, et la mélodie, chargée de thèmes qui reviennent comme des spirales narratives, guide autant le récit que les paroles poétiques. La Salle Pleyel accueillait vendredi 4 et dimanche 6 janvier l’Orchestre Philharmonique de Radio France pour débuter cette « année Wagner ».  A la tête de l’orchestre : l’immense Marek Janowski reprend les rênes de l’orchestre qu’il a dirigé pendant plus de 15 ans (un retour à sa tête presque 12 ans après l’avoir quitté)

Au programme, les plus fameuses ouvertures et les plus beaux préludes succèdent aux passages les plus fameux de ses opéras.

Vendredi soir, le week-end débute par la tourbillonnante ouverture du Vaisseau Fantôme, où les violons s’agitent frénétiquement à l’image des tumultes du vaisseau et du héros. L’orchestre enchaine ensuite avec Lohengrin, dont il présente les préludes de l’acte 1 et de l’acte 3, enchainé avec la scène 1 et 2 de l’acte 3 : Elsa et Lohengrin (Annette Dasch et Stephen Gould) se répondent, célébrant leur mariage (la célèbre marche nuptiale) mais terminant leur dialogue dans un sombre échange révélant les futurs difficultés. L’orchestre est toujours aussi subtile et touche à la perfection toutes les nuances de l’opéra du « chevalier au cygne ».

S’ensuit une grandiose ouverture du Tannhaüser, présentée dans sa version de Paris – 1861 (plus longue, une coda interminable bien que fascinante, enchainée avec le Venusberg, et les chœurs -excellent Chœur de Radio France dirigé par Robert Blank- depuis les coulisses). Les deux thèmes principaux de la splendide ouverture (allez, lançons-nous : l’une des plus belles ouvertures que l’opéra nous ai jamais permis d’entendre!! on ne s’en lasse jamais…) se mêlent magnifiquement.


interview avec le chef d’orchestre Marek… par francemusique

La soirée s’achève sur le sublime prélude et liebestod de Tristan et Isolde. Hélas, force est de constater que Violeta Urmana fut moins convaincante que l’orchestre sur ce monument du répertoire classique romantique… Certes un peu âgée pour le rôle (mais Waltraud Meier a bien joué à la perfection Isolde pendant de longues années, même tardivement), c’est davantage son manque de réussite dans les nuances et les variations subtiles qui altèrent la puissance émotionnelle de cette mort romantique… Sans pour autant être mauvais, ce dernier « extrait » de la soirée provoquait une telle attente que le résultat aurait pu être parfait pour satisfaire une telle excitation…

Perfection atteinte par l’orchestre et Janowski durant tout le spectacle. Fabuleux concert : « L’année Wagner » s’annonce belle…

Elle se poursuivra même le dimanche, pour les chanceux, par l’enchantement du Vendredi Saint de Parsifal et le fameux Siegfried Idyll (qui voit le jour après la naissance du fils de Wagner, Siegfried). Le week-end wagnérien s’achève enfin avec le Crépuscule des Dieux, le plus monumental des opéras du maître allemand. La scène de l’immolation de Brünnhilde termine fabuleusement, mêlant les thèmes de la Walkyrie et de Siegfried avec génie. Apothéose grandiose, brasier musical et batailles de notes enflammées, la scène de l’immolation termine somptueusement cette deuxième partie, habitée du Voyage de Siegfried sur le Rhin et de la célèbre marche funèbre.

Merci Pleyel, Merci Janowski, Merci Wagner…

Rick Panegy

 Réécouter le concert u vendredi 4 janvier 2013 pendant tout le mois de janvier 2013 ici (site de Radio France): http://sites.radiofrance.fr/francemusique/em/concert-soir/emission.php?e_id=80000056&d_id=515004993

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