[Film – Critique] Mariage à Mendoza d’Edouard Deluc : un monde (presque) parfait

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Deux frères, Antoine (Nicolas Duvauchelle) et Marcus (Philippe Rebbot) se retrouvent en Argentine pour le mariage de leur cousin Xavier Benjamin Biolay). Entre la déprime du premier, qui vient de se séparer de sa compagne, et la folie douce du second, qui cache une dépression plus profonde, ce sont toutes les relations fraternelles, indéfectibles et indissolubles, qui se révèlent au fur et à mesure que les deux hommes se rapprochent du lieu du mariage.

En effet, de l’aéroport à la maison de Xavier, les rencontres successives des deux héros – d’un réceptionniste fantasque à une belle femme qui croque pleinement la vie – leur font retrouver, à travers d’innombrables expériences aussi simples et évidentes qu’improbables ou rocambolesques, le plus profond et solide des sentiments qui pouvait les unir, celui qui relie deux frères.

Malgré la bonne humeur et le sentiment d’humanisme profondément sincère qui s’échappe de ce Mariage à Mendoza, le road-movie d’Edouard Deluc n’apporte pas grand chose de nouveau au « feel-good movie » et ne se détache pas assez, par souvent, des codes et des poncifs du buddie movie : un ami pas si joyeux qu’il en a l’air,  bien plus faible qu’il n’y parait… Le récit est franchement trop linéaire, les partis-pris de mise en scène absents. Seule la performance d’acteur de Philippe Rebbot réjouit, tant il campe un personnage aussi attendrissant que farfelu.

Peu audacieux, Mariage à Mendoza a pourtant le goût des choses simples, la richesse de l’honnêteté et de la modestie. L’arrivée chez le cousin, où le mariage sera célébré, est l’occasion de célébrer la vie, avec ses hauts et ses bas ; l’occasion de célébrer l’amour fraternel.

Un beau film singulier, un peu candide, qui souffre de certaines longueurs et de quelques passages assez prévisibles, mais qui, même s’il s’oublie assez rapidement, laisse une impression de plaisir et de joie immédiates, mêlée à une évidente émotion, que la musique d’Herman Dune, parfaite, accompagne avec brio.

Rick Panegy

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