Dernier article du site
 
[Festival d'Avignon] Spectacle / Histoire(s) du théâtre (II) – Faustin Linyekula
[Concert - Critique] Sébastien Tellier à L'Olympia - My God Is Blue
Previous
RANDOM
[Opéra - Critique] Hänsel et Gretel d'Engelbert Humperdinck - Claus Peter Flor - Mariame Clément
Next

[Danse – Critique] Twin Paradox – Mathilde Monnier : « Monnier, tu dors ? »

Spectacles
LA CRITIQUE

[fblike]

La dernière création de Mathilde Monnier, découverte au Festival Montpellier Danse en 2012, est aussi absconse que le paradoxe de Langevin dont elle imite le titre, et dont, pourtant, elle est aussi éloignée qu’il est possible d’être. Aussi gonflée de réflexion creuse que le paradoxe résolu par Einstein est parfaitement scientifique, Twin Paradox ennuie aussi vite qu’il livre ses limites avec une promptitude toute décevante…

Monnier fait danser le couple, qu’elle conçoit comme le corps, unique, unifié, bien que déchiré : Platon se lit sur scène, par instants, illustrant lourdement le discours d’Aristophane. C’est en effet autour du couple que la chorégraphe déroule toute une série d’évidence dans une succession de tableaux, qui s’enchainent comme un « long travelling » (sic).

Monnier puise dans le champ lexical du corps une liste de verbe d’action -dont l’exhaustivité abusive pèse rapidement- qui vient se mettre en mouvement dans l’expression d’un champ sémantique du corps : elle enchaine  des évidences ordinaires, sortes de lieux communs populaires. En effet, on lit la banalité du vulgum pecus à travers les cinq couples qui dansent sur la scène rectangulaire (« Je pense la scène comme un espace neutre, sans patrie en quelque sorte, qui à sa manière crée ses propres coordonnées, hors de la géographie du monde mais plus encore peut-être, hors du temps. Pourtant, la scène est toujours là quelque part en vrai, dans la vie en vrai, au bord forcément du monde réel, de la rumeur de ce monde, au bord de l’Histoire et des événements. » Allez comprendre…). En résumé (on vous épargne la totalité, mais c’est suffisant pour comprendre la pièce), Monnier fait parler les corps/couples : on se repousse ou s’attire, on s’enlace, on succombe, on se soumet, se domine, on imite ou s’éloigne, on étreint, on se guide, on s’observe, on se provoque, on manipule, le couple s’échange, les amants alternent (on change de vêtements… Trouvaille faiblarde), le couple varie (homme ou femme, aucune limité sexuée aux duos)… Bref, tout ce qu’un couple peut faire ou être est illustré par Mathide Monnier dans une chorégraphie qui se lit aussi facilement qu’un roman de gare. Aussi décevant que l’attente fut excitante.

Bien loin des danses marathons des années 20, dont Monnier dit s’inspirer, Twin Paradox épuise davantage le spectateur que les danseurs. Ce qui intrigue est finalement davantage la travail musical, issu des recherches de Luc Ferrari, qui expriment bien mieux la diversité du monde que les couples « universels » de la chorégraphe (qu’elle définit :  » Ici, à côté de la grande communauté humaine, il s’agit de réinventer les amants, comme une première forme de la communauté.« )

Curieusement, il n’y a aucune émotion dans cet échange continu de mouvements, qui laisse une grande liberté aux danseurs ; le couple exprime tout, mais jamais il n’aborde ou traduit l’amour… Le dernier Mathilde Monnier est une déception.

Si vous souhaitez « comprendre » ce que Monnier voit dans son Twin Paradox, à lire son interview ou sa propre description de sa pièce, vous comprendrez peut-être le sens qui a échappé aux nombreux spectateurs, qui ont quitté la salle, désabusés et surpris.

Rick Panegy

Crédits photos (et en-tête de l’article sur la page d’accueil) : Etienne Perra http://www.epphoto.fr

 Please enter the url to a YouTube video.

Et vous, vous en avez pensé quoi ?
perso j'ai dé-tes-té !
0%
mouai, bof, ça m'a pas chamboulé!
0%
C'était plutôt pâs mal !
0%
J'ai a-do-ré !
0%

Laisser un commentaire

Fonts by Google Fonts. Icons by Fontello. Full Credits here »