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[Danse – Critique] L.A. Dance Project – Benjamin Millepied

Spectacles
LA CRITIQUE

Avec son collectif de danseurs, L.A. Dance Project, Benjamin Millepied présente sa création, en première mondiale : Reflection alterne entre spleen et ideal, brillant dans sa première moitié mais moins captivante dans sa seconde. Le programme proposé par le collectif se poursuit avec le chef d’oeuvre qui bouscule : le Winterbranch de Merce Cunningham. Il s’achève dans une parfaite harmonie sur le Quintett de William Forsythe.

Reflections (2013), en création mondiale.

Le rideau se lève sur du rouge. Du rouge au sol. Du rouge sur le mur, au fond. Et en grosses lettres blanches, « STAY » envahit le fond de scène : mauvais augure ? La « scènographie » de Barbara Kruger est, en tout état de cause, franche et directe. Un minimalisme « agressif » que viendra tempérer la chorégraphie de Benjamin Millepied, qui alterne en une demi-douzaine de tableaux la délicatesse, l’humour, la tendresse, l’amour ou le courage. La création du chorégraphe français apaise, sur la musique de David Lang (qui viendra saluer) puis finit par lasser légèrement : on déplore qu’elle s’étire un peu trop. A coup sûr, Reflection aurait pu n’être composé que des trois premiers tableaux, probablement les meilleurs de l’ensemble. Alors que le « STAY » en fond de scène devient un « GO » visuellement retentissant, la danse proposée par Millepied s’enlise légèrement dans une répétition des phrases. Maitrisé mais moins sensible…

Les lumières éclairent successivement chaque groupe de mots de « THINK OF ME THINKING OF YOU », écrit au sol en grosses lettres rouges : l’espace scénique est ainsi perpétuellement redéfini, permettant à Millepied de composer des chorégraphies parfaitement alternées et variées, exprimant un maximum dans la contrainte spaciale. Belle réussite de ce côté là. Toute la danse s’évoque d’elle-même chez Millepied, de sa formation classique à son amour pour William Forsythe, que les danseurs de sa compagnie reprennent en troisième programme de la soirée (Quintett – 1993) après avoir dansé le déstabilisant Winterbranch (1964) de Merce Cunningham.

Chorégraphie: Benjamin Millepied en collaboration avec Julia Eichten, Charlie Hodges, Morgan Lugo, Nathan Makolandra, Amanda Wells.
Musique: David Lang, this was written by hand / memory pièces (extraits.)
Piano: Andrew Zolinsky.
Lumières: Roderick Murray.
Concept visuel et costumes: Barbara Kruger.
Danseurs: Amanda Wells, Morgan Lugo, Nathan Makolandra, Julia Eichten, Charlie Hodges.

Winterbranch (1964) – Merce Cunningham

Le public ne se fera décidemment pas à ce Winterbranch provocant, déstabilisant et hors-norme. La musique de La Monte Young y est sans doute pour beaucoup, appuyée par les décors en apparence peu séduisants -un remplissage par le vide qui perturbe- et les lumières hésitantes de Robert Rauschenberg. Ici, les danseurs évoluent de manière aussi syncopée que l’ensemble : des ruptures stoppent les parcours harmonieux pour mieux décomposer l’équilibre.

Malgré les quelques sifflets d’un public décidemment très normatif, Winterbranch cache derrière sa composition d’apparence disgracieuse un hommage vibrant à la danse, à l’art dans sa pure totalité : rien n’empêche le corps de s’exprimer, tout l’amène à manifester. Les danseurs du LA.Dance Project se rencontrent dans une semi-obscurité, tombent, s’enlacent et se meuvent au sol dans un accord parfait avec les divergences et l’instabilté exprimées par Merce Cunningham. Le mouvement permanent de leur corps dans leur totalité, ils montrent qu’ils sont aussi à l’aise avec le conventionnel de Reflection qu’avec le singulier de Cunningham.

Chorégraphie: Merce Cunningham.
Musique: La Monte Young: 2 Sounds.
Décors et costumes: Robert Rauschenberg.
Lumières: Beverly Emmons (d’après celles de Robert Rauschenberg.)
Mise en scène: Jennifer Goggans assistée de Robert Swinston.
Danseurs: Aaron Carr, Rachelle Rafailedes, Amanda Wells, Nathan Makolandra, Julia Eichten, Morgan Lugo.

 
 
Quintett (1993) – William Forsythe

La pièce la plus poétique achève la soirée et réconcilie le public avec les propositions de Millepied et du L.A.Dance Project. En choisissant Quintett de Forsythe, balade parnassienne sur la formidable composition de Gavin Bryars Jesus’Blood Never Failed Me Yet, superbe ritournelle hypnotique (déjà vu notamment dans l’immense MayB de Maguy Marin), le collectif offre un final d’une sensibilité extrême, tout aussi aérien que terrestre. Les hommes n’y parviennent jamais à « capturer » les femmes, chacun glissant et se fuyant autant qu’ils se caressent et se cherchent : l’ensemble réussit ici à exprimer davantage d’émotions que dans le Reflection de Millepied, dans lequel on reconnaissait très vite, et assez visiblement, le style de Forsythe, l’authenticité émouvante en moins, cependant.

Chorégraphie: William Forsythe en collaboration avec Dana Caspersen, Stephen Galloway, Jacopo Godani, Thomas McManus, Jone San Martin.
Musique: Gavin Bryars, Jesus’ Blood Never Failed Me Yet.
Costumes: Stephen Galloway.
Lumières: William Forsythe.
Mise en scène: William Forsythe, Stephen Galloway, Thomas McManus, Jone San Martin.
Danseurs: Nathan Makolandra, Amanda Wells, Charlie Hodges, Morgan Lugo, Julia Eichten.

 Rick Panegy
 
 
Autres programmes présentés par L.A. Dance Project au Théâtre du Châtelet :  
 
23 mai : Moving parts – Quintett – Reflections (durée : 2h10, avec entractes)
24 mai : Reflections – Winterbranch – Quintett (durée : 2h, avec entractes)
25 mai (matinée) : Reflections – Winterbranch – Quintett (durée : 2h, avec entractes)
25 mai : Moving parts – Quintett – Reflections (durée : 2h10, avec entractes)
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