[Film – Critique] Very Bad Trip 3 de Todd Phillips : « Tout s’achève »…Enfin.

Assurément inutile, franchement laborieux et vaguement ennuyeux. Bref, Very Bad Trip 3 est une dernière saillie poussive et grotesque dont on se serait passer sans remords. Le dernier épisode des aventures loufoques des héros imaginés par Todd Phillips parvient même (presque) à faire passer le premier et le second Very Bad Trip pour des merveilles d’humour inventif, au rythme et au scénario parfaits. C’est dire l’ampleur de l’échec de ce dernier opus…

La version 2013 du trip est essoufflée, mollassonne et plate. Un ennui profond s’installe rapidement et peine à quitter le spectateur, malgré les quelques sourires qu’on réussit avec peine à lui faire décrocher… On rit deux fois, peut-être, au plus. Quant à l’esprit « provoc », essence même des deux premiers volets, il s’effondre comme un soufflé raté : plus rien n’étonne vraiment à présent dans ces aventures de l’extrême.

Very Bad Trip 3 rassemble péniblement, dans un faux-rythme agaçant, les morceaux du puzzle commencé avec les deux premiers épisodes de la saga. Mais l’assemblage est si maladroit qu’il ne parvient pas à nous faire croire à autre chose qu’une exploitation intéressée d’un filon particulièrement juteux (les dollars ne se comptent plus) : la succession de gags et de situations clownesques fait désormais plus de peine que de plaisir. L’extrême (voir la dernière scène post-générique) y est, semble-t-il, poussé jusqu’à une limite qui s’avère moins efficace…

L’intrigue (oui oui, il y en aurait une) est recentrée autour des deux personnages les plus atypiques de la saga : on découvre, dans un scénario qui se veut explorer davantage la corde « sensible » et « psychologique », l’histoire et le cœur d’Alan (Zach Galifianakis) et de M.Chow (Ken Jeong). On s’en fichait pourtant pas mal. Ce qu’on attend de ces deux-là, ce n’est que farces et rires, pas une justification psychologisante de leur flagrante névrose. Justin Bartha (Doug) est toujours aussi inexistant et Bradley Cooper se promène sans âme tout au long du film dans une transparence fantomatique sidérante.

L’affiche promet un rassurant « Tout s’achève »… On est soulagé.

 Rick Panegy

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