fête du cinéma

Humeur #1 : Aller au cinéma pendant la Fête du Cinéma


Horreur,  Malheur ! C’est la fête du cinéma ! (oui, on le découvre un peu tard)

Nous avons commis l’irréparable : nous nous sommes tant éloignés du reste du monde qu’on en a oublié l’élémentaire : ne pas aller au cinéma PENDANT la fête du cinéma ! Et par mégarde, un beau soir de 3 juillet 2013, en sortant de la salle du sport, nous prenons une décision à la légère. Nous nous dirigeons, alertes et encore insouciants, vers le cinéma : ce sera World War Z.

La fête du cinéma et World War Z : Double Peine !

Bon, le film est mauvais, on s’en serait douté mais là n’est finalement pas la question : il n’y a nulle frustration puisqu’on s’en doutait… (Au lieu d’aller voir le film, replongez dans le bouquin, ce sera moins plat.) Non, ce qui nous a pris au dépourvu, c’est cette fichue fête du cinéma, qui ne semble d’ailleurs  être festive que pour un bon paquet d’abrutis, un peu ignares surement, un peu crétins peut-être, et bigrement loin du respect que n’importe quel cinéphile attend (n’importe quel cinéphile ? disons même un simple amoureux du cinéma, ou encore, pour être franc, toute personne bien élevée).

Ca rit à gorge déployée ! Ca pouffe sottement…  Attendez : nous sommes allés voir WORLD WAR Z, pas la grosse comédie bouffonne du moment : pas d’Eddie Murphy à l’écran, pas de Baron Cohen ou de Woody Allen …. Non non, aucun humour à l’écran. Ca rit d’ailleurs dès l’inter-séance, pendant les publicités ou les bandes annonces. Les gens sont heureux, c’est la fête, voilà tout ? Bon, certes, admettons… Mais ces rires gras ou stridents (on se demande lequel est le pire) remplissent la salle d’une vulgarité épaisse assez déconcertante. Vous savez, cette envie, même quand le film est mauvais, de se lever et crier : « FERMEZ-LA, BON SANG ! VOUS ETES AU CINEMA, PAS DANS VOTRE SALON ! »

Oui, parce que ça bavarde aussi… Ca bavarde ET ça commente sans cesse. Ca discute pendant le film. Et ça discute sans faire preuve de la moindre subtilité é-vi-dem-ment : attendre le passage le plus bruyant du film (une explosion, un passage avec de la musique…) pour glisser trois mots à son voisin ? Que nenni ! Il s’agit bien sûr de parler à son ami pendant la scène la plus silencieuse ou la plus angoissante du film. Et parler sans discrétion, tant qu’à faire : chuchoter ? Cela doit être terriblement has been.

Et puis ça mange aussi. Et ça boit. Longuement. Des SLURPS bruyants, des CHCRUMPF CHCRUMPF désagréables : la cantine du lycée est dans la salle.

Malgré tout, nous parvenons (admirez la performance) à nous concentrer un minimum sur le film. Jusqu’au générique de fin. Le moment où les trois-quarts de salle en profitent pour exprimer toute son ignorance : GROS APPLAUDISSEMENTS ! Euh…. World War Z messieurs dames, vous venez de voir WORLD-WAR-Z !!!

Cette pratique de l’applaudissement à la fin d’un film étant en elle-même déjà discutable, quand le film est médiocre, ça devient pathétique. Et l’impression franche que pendant la Fête du Cinéma, en gros, la salle est remplie en bonne partie par des spectateurs un peu profanes, ou franchement très ponctuels : vous savez, ce spectateur qui va deux fois au cinéma dans l’année (ou quatre) et qui, forcément, choisit le ou les films les plus commerciaux, mainstream ou en phase avec le mass entertainement. Résultat : son regard critique est si peu aiguisé que tout lui convient, évidemment, ponctuant sa sortie d’un « Trop bien », d’un « ça déchire » ou d’un « c’est frais » passionnant…

Non, vraiment, ce n’est pas facile facile d’aller au cinéma pendant la fête du cinéma quand on aime le cinéma.

Rick et Pick