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Cinema
LA CRITIQUE

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Le nouveau héros de DC Comics débarque sur Terre, et ça déménage. Dans le sillage des blockbusters de super-héros, omniprésents sur les écrans depuis 10 ans, le second reboot de Superman (après l’échec du Superman Returns de Bryan Singer en 2006) cherche dans la surenchère d’effets et d’action à en mettre plein la vue du spectateur, toujours plus avide de sensations fortes. Derrière le dantesque final (plus de 40 minutes de destructions massives et d’apocalyptiques règlements de comptes), ce Man of Steel n’ignore pas le destin prophétique du héros, et l’inévitable mécanique psychologique qui en découle : au scénario, Christopher Nolan et David S. Goyer racontent avec réussite la prise de conscience de Kal-El, un étranger rejeté, adulé, orphelin mais lié à tous les hommes par la responsabilité. Zack Snyder, frénétique réalisateur, calme ici ses ardentes envolées tantôt lyriques tantôt survitaminées pour ne garder de sa caméra qu’un talent rythmique et un indéniable savoir-faire.

Le film s’ouvre sur une longue scène d’introduction – la planète Krypton à l’orée de son funeste destin- qui pose sans ambages le fatal avenir que dépeindra le film : l’enfant au centre de cette catastrophe est une erreur salvatrice. Le destin de cet enfant -Kal El-  à la peau lumineuse, au milieu des sombres décors et costumes kryptoniens, est empli d’une responsabilité toute christique (tiens donc, ce superman là a 33 ans…). Autour de lui, son père, le charismatique Jor-El -excellent Russel Crowe- accompagnera son avenir comme les paroles d’un Dieu à son prophète ; et l’excentrique Général Zod -un Michael Shannon un peu excessif, rudement moins classe que Terence Stamp dans le Superman 2 de Richard Lester en 1980- hantera son futur comme un alter-égo luciférien investi d’une mission authentique, habité avec une sincérité aveugle par une mission à l’enjeu terrible : pour sauver son peuple, c’est celui de la Terre qu’il faut détruire. Le film n’aura de cesse d’explorer la plus profonde humanité dans le personnage le plus extra-terrestre que la planète abrite : Kal-El/Clark Kent/Superman (Henry Callil, parfaitement esthétique mais légèrement trop en surface) devra sauver le peuple auquel il cache depuis son arrivée sur Terre son identité, de peur du rejet de la différence. Paradoxe et dilemme psychologique : « A grands pouvoirs, grandes responsabilités » clamait l’oncle Ben de Spiderman, nulle autre maxime ne pourrait mieux coller à Clark Kent.

Habilement, Nolan et Goyer évitent la narration linéaire, et l’exploration de l’enfance de Kal-El/Clark Kent ses premiers pas, la découverte de ses pouvoirs, l’apprentissage de leur maitrise,  la prise de conscience, la vie cachée parmi les humains et ses premières années d’adultes à sauver incognito le vulgum pecus. Ici, dans ce Man Of Steel aussi brutal que direct, on aborde en flashbacks, par de rares moments, les clefs des névroses et autres difficultés de ce super-héros fragile, grâce à l’amour des parents adoptifs – Kevin Costner et Diane Lane – et leur éducation sensible mais emprunte de craintes et d’espérances mêlées. Comme un rite initiatique de passage à l’age adulte, l’affrontement avec Zod finira par lui faire assumer sa destinée. Balayés aussi les balbutiements de Clark Kent au Daily Planet, et ses atermoiements peu à peu complices avec Lois Lane : ici, la journaliste (palote Amy Adams, mais cela devient une habitude) découvre très tôt l’identité du musculeux Clark et leur idylle est assez vite scellée par un baiser inévitable et attendu. C’est à la fin du film que Nolan/Goyer bouclent, comme un clin d’œil, sur l’arrivée de Kent dans les locaux du journal, lunettes au nez.

Moins ironique et moins mordant que la franchise des Iron Man (mais avec quelques traits d’humour non négligeables), moins drôle aussi qu’Avengers où l’humour de Joss Whedon détonne, moins sombre pourtant que la franchise des Batman de Nolan, et moins teen que la série des Spiderman de Raimi et consort, ce nouveau Superman offre une lecture optimiste mais sérieuse de l’impossible fuite du héros. Un film qui balance magistralement entre le divertissement pyrotechnico-dantesque (qui ravira les amateurs du genre) et l’examen intellectuel de l’acceptation et de la transcendance, qui ausculte – avec un peu trop de retenue peut-être – la maïeutique douloureuse d’un Homme de Krypton.

Rick Panegy

 

 

 

 

 

 

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