[Film – Critique] World War Z de Marc Foster

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Il ne reste plus grand chose du roman de Max Brooks (2006) dans cette adaptation hésitante et claudicante. World War Z divertit à peine, n’émeut guère et ne parvient pas non plus à provoquer la moindre sueur d’angoisse, malgré un final en forme de survival de jeu vidéo banal.  Brad Pitt en fil conducteur omniprésent (et en producteur), le pâle Marc Forster aux commandes (à qui l’on doit les tout aussi pâles Quantum of Solace ou Neverland), le film surnage dans un flottement continu préférant rester au contact du zombie movie (sans l’atteindre parfaitement) plutôt que de rester fidèle à l’enjeu géopolitique du roman.

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L’adaptation de l’excellent roman de Max Brooks s’évanouit donc dans une longue enquête passablement plate, transposant le recueil de témoignages du roman, aux contours géopolitiques passionnants (rien ici des exposés des survivants d’Afrique du Sud, de Chine, du Tibet, d’Amérique du Sud etc…), en une simple investigation planétaire de l’origine du fléau (les hommes se transforment en zombies, provoquant une nouvelle guerre mondiale). Emmené par le gobe-trotter Brad Pitt, personnage totalement créé pour le film -et faisant s’évanouir alors toute la distanciation post-apocalyptique du roman- le film souffre d’un rythme bancal et se perd dans une confusion de genre…  Ici, on vit la World War Z en direct alors que le roman se situe 10 ans après. Etrange choix scénaristique (pas moins de cinq scénaristes, mauvais signe ! Et pourtant Brooks lui-même faisait partie de l’équipe. Suicide artistique?)

 

La longue première partie n’est qu’un pesant cheminement en forme d’enquête, réduit à son plus strict minimum -le dense roman explore tellement chaque recoin de la planète qu’il fut impossible de retranscrire l’ampleur à l’écran-, ce qui le rend à peine crédible, à la limite de l’absurde.

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La seconde partie achève le film dans une forme de huis-clos de gamer un peu risible tant on la soupçonne d’être volontairement orienté vers le thriller et l’angoisse, sans pour autant provoquer le moindre émoi. En somme, le film saute comme un indécis d’un genre à l’autre en évitant soigneusement le gore (bien plus marqué dans le roman) mais cherchant paradoxalement à mettre en avant les créatures. Celles-ci, dans la première partie, sont filmés en permanence de loin, en groupe, ce qui empêche tout sentiment d’immersion dans la catastrophe. La seconde partie en est l’opposée : les monstres sont au premier plan, le reste de l’humanité disparait derrière la présence d’une poignée de scientifiques ; et, ipso facto, l’horreur à échelle mondiale s’évanouit.

Il résulte alors de ce World War Z une impression d’hésitation qui répond au mauvais buzz qui l’a précédé : des rumeurs de mésententes et de désaccords entre la production et le réalisateur, des soupçons de réécritures permanentes au cours du tournage. L’enjeu politique disparait et une platitude lassante envahit le long-métrage.

Raté.

Balayons ces zombies d’un revers de main. Retournons à Romero, ou même à Kirkman…

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Rick Panegy

 

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