[Film – Critique] Massacre à la Tronçonneuse 3D de John Luessenhop : un massacre de plus!

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Franchement inutile, ce sequel du cultissime chef d’œuvre de Tobe Hooper (1974) est la nouvelle preuve de l’acharnement régulier des studios, on ne sait par quelle malice masochiste ou sadique, à vouloir écharper et esquinter les références! Leatherface a laissé en 30 ans de nombreuses suites (ou remake – celui-ci, pas trop mal mis au goût du jour par Nipsel en 2003, ou même prequel), toutes plus ou moins ridicules, toutes résolument moins bonnes que l’original. Ce coup-ci, la 3D est un argument commercial qui fait sans doute le larron : passons, elle n’apporte, comme souvent, absolument rien. Le retour en « grâce » des slashers, ces derniers temps teintés de davantage de gore (gentillet), est sans doute un autre argument pour refaire ce qui a déjà été refait : le résultat est plus mauvais encore. En effet, après les premières minutes plutôt prometteuses, qui nous plongent dans la continuité des premiers Texas Chainsaw, extraits des films à l’appui (retour aux sources… Le massacre de la famille de dégénérés a épargné du monde, et le mal subsiste encore), le film s’embourbe irrémédiablement, mais de manière prévisible hélas, dans un teen movie risible où chaque scène est un cliché du genre.

La bande d’amis, des bogosses modernes, muscles saillants et seins débordants, se font dégommer les uns après les autres par un Leatherface toujours aussi robuste, malgré son âge désormais avancé. (Seul intérêt freudien de ce remake teen et sexy, à l’ébullition hormonale : la relecture phallique de la tronçonneuse n’a jamais été aussi prégnante).

John Luessenhop est derrière la caméra. Et alors ? Ca aurait pu être n’importe qui, votre voisin ou votre petit neveu : aucune vision, aucune idée novatrice ne se dégage de cette pâle application des codes et autres invariants que les studios cadenassent solidement dans un cahier des charges sagement appliqué.

On s’ennuie, ou on s’amuse au jeu du « qui-devine-le-prochain-meurtre-a-gagné » pour faire passer le temps. Et on ose à peine réfléchir à la faible substance qui pourrait apporter un peu d’intérêt : que se passe-t-il lorsque le monstre est de la famille ? Les liens du sang ont-ils raison de la morale ? L’amour filial rend-il caduque toute forme de dégout ? L’une des dernière scène donne lieu à un pathétique faux-suspense : Leatherface est un être de cœur, et l’héroïne retrouve soudain foi dans l’abominable créature.

Gageons qu’une huitième version ou suite viendra bientôt gonfler l’armée honteuse de la franchise, puisque cela s’avère visiblement rentable.

Rick Panegy

 

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