[Film – Critique] Wolverine, le combat de l’immortel de James Mangold

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La saga X-Men n’en finit plus, et on fatigue, à moins d’être un fan inconditionnel du comic ou de la saga.

En attendant X-Men Days Of  Future Past (Bryan Singer revient aux commandes -le film sort en 2014- après avoir dirigé les deux premiers opus, en 2000 et 2003), les studios surfent encore allégrement sur la franchise qui a, en somme, fait renaitre les films de super-héros (pour le pire souvent, et pour le meilleur, trop rarement) : X-men, en 2000, marquait ainsi le début d’une longue série interminable. Iron-Man, Superman, Spiderman, Thor, Les 4 fantastiques, Batman, Hulk… Pas moins d’une trentaine d’énormes succès au box-office (et au moins autant d’échecs…) La saga X-men, entre sequels, prequels, spin-off et autres suites, en sera avec le prochain Singer à sept films ! A quand le reboot ? …

Ce Wolverine Le Combat de l’Immortel est donc le 6ème morceau auquel on a le droit. James Mangold en réalisateur (à qui l’on doit les très conventionnels Walk The Line ou Knight and Day…), on ne s’attend pas à une quelconque révolution.

Et l’on replonge, encore, au fin fond des origines de l’immortel héros, mutant « transformé » par l’ambition crasse de l’homme. X-Men Origins : Wolverine avait déjà exploré le tourmenté passé du velu monsieur, dans un film produit par Hugh Jackman à la gloire d’himself. Le résultat était lourd et pesant… Ce « Wolverine Origins 2″ est une nouvelle immersion dans l’univers violent et colérique de cet étrange héros épris de justice, écorché vif, tiraillé entre ses élans pacifiques, sa fureur lorsqu’il s’agit de rendre coup pour coup au Mal, son envie de vie paisible, de cohésion, et ses désirs d’isolement… Une complexité radicalement basique, qui autorise alors une auscultation psychologique de comptoir du personnage : dans une alternance banale et lassante, Mangold glisse sans cesse de scènes de combats à scènes plus intimistes, dans lesquelles Logan-Jackman chouine sur son passé, regrette sa bien-aimée (Famke Janssen en caméo de luxe, dans des flashbacks en forme de rêves, grotesquement embués d’une douceur cotonneuse). Le héros-loup combat désormais celui-là même qu’il a sauvé à Nagasaki, des décennies auparavant (très belle scène d’ouverture, qui fait revivre le cauchemar Bockscar / Fatman) alors que cet ami est désormais au crépuscule de sa vie et à la tête d’une immense entreprise, enjeu de malveillantes (mais au combien déjà vues) magouilles politiques ou familiales, dans lesquels les Yakuzas s’engouffrent.

Rien ne fait vibrer le spectateur blasé, lassé des aventures de ce héros invincible, qu’on préfère voir combattre d’autre X-Men aux pouvoirs différents, histoire de comparer, dans des combats indécis, les forces et les faiblesses des pouvoirs mutants de l’un et de l’autre. Ici, aucun ennemi n’arrive à la cheville de Logan, et pour cause, ils sont tous de simples mortels. L’ennui fatal, les combats n’ont logiquement absolument aucun intérêt. Pour y remédier, deux solutions : d’abord, faire de ce Wolverine un mutant diminué (rendu « mortel » par un poison) et le combat s’équilibre. Mais l’ennui redouble : on assiste alors à un film de super héros sans supers pouvoirs. Ensuite, faire du combat final un affrontement entre un Wolverine retrouvé, en pleine possession de ses pouvoirs, et un humain engoncé d’une armure en Adamantium (l’indestructible métal qui compose le squelette de Logan), tel un énième meka au rabais, puisqu’ils sont fichtrement à la mode ces temps-ci-(Voir les jaegers de Pacific Rim récemment.

La fausse bonne idée de faire vivre à Wolverine l’expérience de la douleur, de le réduire à l’état de (quasi) simple homme accouche d’un palot film d’action aux contours psychologisants, aspect qui aurait pu être approfondi avec davantage de nuances et d’intensité. Au lieu de cela, on assiste à un épisode de plus, comme un vague feuilleton moderne. On retient la scène du train (un James Bond croisé d’un Mission Impossible à la sauce adamantium) et celle de l’attaque des Yakuzas à la fin de l’enterrement (tout droit du Heat de Michael Mann, deux ou trois cran en-dessous tout de même). On oublie la 3D, forcément et inévitablement inutile, et on se moque encore de la mutante Vipère, sketch parodique à elle seule.

En attendant, espérons-le, un retour à l’essence même de l’esprit X-men avec la reprise en main très attendue de Bryan Singer et son Days of Future Past.    

Rick Panegy

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