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[Exposition] Musique et Cinéma le mariage du siècle? A la Cité de la Musique.

by Rick Panegy5 août 2013
LA CRITIQUE

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Musique et Cinéma, Le mariage du siècle ? L’exposition proposée par la Cité de la Musique n’est certes pas celle de l’année, tant elle n’apprend rien de nouveau à un visiteur passionné – la vulgarisation empêche grandement la moindre ambition d’érudition-  et tant le fait d’être in situ n’apporte au final pas grand chose (la même exposition sur un site internet interactif aurait été largement possible : ici, les pièces exposées ne sont que des extraits de films, de musique, ou des textes affichées). Pour autant, force est de constater que la scénographie de l’exposition est assez intelligemment pensée et que, malgré la facilité de certains passages, l’âme du cinéma et la magie de la musique envahissent l’espace et pénètrent au final l’esprit de visiteur pour réveiller en lui bon nombre de souvenirs oubliés, et agissent aussi comme une madeleine, tant la variété des unions musiques/films, aussi infinie qu’éternelle, correspond assurément à un épisode de la vie de chacun.

L’exposition accueille le spectateur avec ce qui est peut-être l’un des rares chefs d’œuvre de la musique de film : Le Thème de Camille de Georges Delerue, composé pour Le Mépris de Jean-Luc Godard, saisit le visiteur. L’émotion est soudaine et immédiate.

La Cité de la Musique traverse ensuite l’histoire du cinéma par le prisme de son rapport à la musique. Celle qui accompagne un film, celle qui l’illustre ou celle qui l’inspire. Des rapports entre les réalisateurs et les compositeurs, de leurs façons d’aborder leur collaboration, le fil de l’exposition guide le spectateur dans un parcours où la thématique est abordée de manière assez complète : la manière de travailler la Bande-Originale (en amont, après montage du film, en parallèle, musique sur le plateau ou non…), les musiques comme inspiratrices des films, les films qui traitent de la musique, les premiers films accompagnés d’orchestres « live », la musique qui illustre le film, les « partenariats historiques » (Leone et Morricone, Eisenstein et Prokofiev, Rota et Fellini, Hitchcock et Herrmann, Burton et Elfman, Spielberg et Williams etc). Elle aborde aussi ici ou là des anecdotes de tournage ou de rapport à la musique (Un cœur en hiver, Indian Song, Delivrance…). Elle permet aussi de « jouer », dans une salle de mixage, à élaborer sa propre bande-son (le visiteur modifie à sa guise les pistes musique, dialogues, ambiance, bruitages sur des extraits de Sur mes Lèvres ou Mesrine…). On compare aussi les pistes utilisées pour 2001, l’odyssée de l’espace, en choisissant la scène et le minutage, on compare encore l’utilisation de morceaux de musique culte sur Mauvais Sang ou Mélancholia, et leur impact sur la scène…

La fin de l’exposition, au sous-sol, propose un jukebox sélectif qui permet au visiteur de choisir d’écouter le titre extrait d’un film – des hits des charts issus du septième art-  en cliquant librement sur un numéro. Plus loin, une salle de projection diffuse des extraits d’œuvres phares sur lesquels la musique jouent un rôle prépondérant.

Mais le plaisir se dissipe peu à peu, ensuite, au fur et à mesure que la frustration accompagne la visite. D’abord, et surtout la grande interactivité de l’exposition ne permet guère un turn-over suffisant à chaque proposition, certes esthétique et pertinente car chaque interaction ne peut concerner qu’un ou deux visiteurs, et souvent dans un espace réduit (des cabines ou des écrans…) Mieux vaut donc judicieusement éviter les jours d’affluence  !

Musique et Cinéma, le Mariage du siècle ? est donc, en substance, une exposition plaisir, un événement ludique basé sur la relation du spectateur au cinéma, à ces bandes-originales qui accompagnent leurs souvenirs en image. Elle ne se réclame pas du savoir savant mais s’inscrit davantage dans l’élan populaire, à l’instar de celui du cinéma qu’elle illustre à travers ses panneaux…

Rick Panegy

A la Cité de la Musique (voir le site internet) jusqu’au 18 août 2013.

Jerry Goldsmith, compositeur de la Bande-Originale de La Planète des Singes (1968 - Schaffner) lors de l'enregistrement.

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