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[Film – Critique] Blue Jasmine de Woody Allen

by Philip Pick on 29 septembre 2013
Cinema
LA CRITIQUE

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Blue Jasmine, le nouveau film de Woody Allen, qui revient aux Etats-Unis après quelques cartes postales européennes (Paris, Londres, Rome). Entre l’action principale qui se déroule sur la côte ouest à San Francisco et quelques flashback à Manhattan, le sujet principal de l’intrigue n’est plus une ville, mais l’intriguant personnage de Jasmine interprété par une fantastique Cate Blanchett. Si l’humour de Woody Allen n’a pas disparu, il livre ici une tragi-comédie où l’on découvre un personnage central bipolaire hanté par un sombre passé.

Version moderne et teintée d’humour d’Un Tramway Nommé Désir, le film raconte la chute sociale d’une riche femme de Park Avenue, maintenant sans le sou et déprimée, venue se réfugier à San Francisco chez sa sœur un peu beauf et prolétaire qu’elle avait quasi-ignoré jusque là. Confrontation de deux mondes que tout oppose, l’hautaine blonde Jasmine, roulée dans la farine par son escroc de mari (le toujours excellent Alec Baldwin en Madoff), devra vivre aux crochets de la simplette brune Ginger (Sally Hawkins qu’on n’avait plus vraiment remarqué depuis son triomphe dans Be Happy! en 2008). Alors que cette tragi-comédie déroule le combat de Jasmine pour regrimper l’échelle sociale qu’elle vient de dégringoler, le film révélera en flashbacks à tiroirs les fêlures qui la tiraille. D’un personnage d’apparence comique et cruel au début du film va se dégager un touchant et terrible secret.

Si le sujet est bel et bien sérieux, les fans de Woody Allen ne seront pas décontenancés par des dialogues toujours aussi mordants d’intelligence, véritable marque de fabrique du réalisateur jusqu’ici. Dans Blue Jasmine, Woody Allen s’attaque, avec un humour grinçant et sans pitié, à la fois aux classes aisées new-yorkaises et à la classe moyenne américaine. On notera qu’en arrière fond de l’intrigue un point commun semble lier tous ces personnages du haut et du bas : des rapports amoureux et des jeux de séduction quasiment toujours calculés. Un monde où les vrais romantiques semblent condamnés à errer sur le bas côté. Ce discours légèrement pessimiste du réalisateur atteint son paroxysme lors de la scène (en apparence) la plus romantique du film quand Jasmine séduit à nouveau un homme qui lui convient.

Nul doute que la grande Cate Blanchett, avec ce rôle suintant une certaine folie qu’elle ne parvient jamais vraiment à contenir et qui déborde par son regard toujours fuyant, est en route pour la prochaine cérémonie des Oscars. Chose rare pour Woody Allen ces dernières années, le film est actuellement plutôt bien reçu aux États-Unis.

Philip Pick

Regardez la bande-annonce en VOST de Blue Jasmine (2013) de Woody Allen

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2 Comments
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  • 27 décembre 2013 at 8:17

    Bonsoir, ce film va faire partie de mon « top » de l’année. Cate Blanchett est sensationnelle. Bonne soirée.

    • Rick et Pick
      29 décembre 2013 at 5:34

      Pas sûrs qu’il fasse parti du notre… (peut-être celui de Pick ^^) mais en effet, la performance de C.Blanchett est excellente (à suivre aux GoldenGlobes et aux Oscar d’ailleurs!)

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