Cinema

[Film – Critique] Elle S’en Va d’Emmanuelle Bercot : pour Deneuve

by Philip Pick29 septembre 2013
LA CRITIQUE

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Avec Elle s’en va, Emmanuelle Bercot offre à Catherine Deneuve une formidable partition, entre sensibilité et force. Illuminant tout le film de sa formidable présence, elle incarne une femme déçue mais jamais abattue, symbole d’une volonté optimiste exemplaire. La vie reste brûlante tant qu’elle ne s’éteint pas, c’est le message en substance de ce film séduisant, éclatant dans sa première partie mais qui s’essouffle dans une deuxième moitié trop conventionnelle. Dommage.

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Deneuve sur la plage seule, de dos… Elle se retourne et sur l’écran s’incruste en noir et blanc une photo de l’actrice, jeune, belle, immortelle. Se retourner sur son passé pour mieux appréhender l’avenir, et accepter le présent. C’est l’épreuve que traverse Bettie… La vie quotidienne est bien trop lourde : elle s’en va… Pendant 45 minutes, la caméra de Bercot suit alors, en forme de road-movie, la fuite en avant de la sexagénaire, incroyablement lumineuse dans sa détresse. Les rencontres de Bettie/Deneuve sont alors de délicieux moments de sincérité, entre clichés et spontanéité ; mais jamais Bercot ne plonge dans la satire de ce monde rural presque archaïque, voire décalé. Les errances de Deneuve, rythmées par la cigarette, balancent d’un regard sensible sur l’acceptation d’un nouveau soi -le temps passe- à un discours optimiste, balayant le fatalisme à coup de hasard et de rendez-vous inattendus et vivants.

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Dès lors que la vie de Bettie la rattrape -les relations difficiles avec sa fille (Camille, plutôt à l’aise dans son premier rôle important), les retrouvailles avec son petit-fils, avec lequel, forcément, ça se passe mal au début puis nait une belle complicité ; la reconstruction d’un nouvel amour, avec un homme forcément sauvage au début mais finalement très doux…- le film devient aussitôt bien trop conventionnel pour séduire. D’évidences en étapes attendues, la seconde partie est alors paresseuse et banale, même quelconque. Ce déjà vu aux allures de téléfilm ternit considérablement l’incroyable réussite d’une première moitié surprenante : Deneuve faisait naitre de ce crépuscule nostalgique une énergie et une audace aux contours solaires.

Pour Deneuve, et pour cette fuite rythmée au pas des rencontres hasardeuses, découvertes de l’autre et de soi à la clef, Elle s’en va reste une belle surprise… On ne garde en souvenir que la belle première moitié du film, qu’une vilaine platitude rebattue vient affadir par la suite…

Inégal, le film de Bercot prouve au moins une chose : Deneuve est toujours sublime, capable de porter un film et de capter toute la lumière. Certains en doutaient.

Rick Panegy

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