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[Un café après le ciné] Neuf mois ferme d’Albert Dupontel

by Philip Pick10 novembre 2013
LA CRITIQUE

[fblike]- Un perrier s’il vous plait !

- Moi ce sera un café allongé, merci…

- Aloooooooooooooors ??? Ce dernier Dupontel ? Tu sais qu’il est nommé au Prix Louis Delluc !!!!?? Meilleur film français 2013, ce serait franchement une surprise, non ?

- Oublie, y’a Adèle en face, y’a L’inconnu du Lac, y’a Claudel… Le Dupontel n’arrive pas à la cheville des autres nommés.

- C’est quand même pas mal non ? Dupontel a décidément un petit talent, il sait manier la caméra, c’est indéniable. Tu sens dans ses films une culture cinéma très forte et un goût pour la mise en scène !

- Un goût pour la démesure oui ! Et l’exagération… Pour son cinquième film, le Dupontel ne s’est pas calmé, il continue à surjouer, et à en faire des tonnes des deux côté de la caméra… Regarde la scène d’ouverture : ce long plan séquence ! Tellement flagrant qu’il en devient ostentatoire. C’est un peu comme une démonstration un peu prétentieuse, ou au mieux, une démonstration qui aurait été plus efficace si elle ne portait pas en elle ce côté « regardez, je sais faire du cinéma »… Tu vois ?

- C’est rude ! Au moins le cinéma de Dupontel n’est pas plat ! Le film entier est rempli de relief !! Dupontel, c’est un peu la 3D sans lunettes !!!!

- …

- Mais si ! Les plans sont tellement atypiques, osés -oui ok, c’est parfois outrancier- qu’ils finissent par donner à chaque scène un réalisme presque en volume. Tu ne peux pas dire que ce n’est pas une réussite : réussir à donner au film un réalisme, même artificiel, alors qu’il est la définition même de l’absurde, c’est quand même fort ! Non, franchement Albert Dupontel fait partie des réals français du moments qui soient en même temps ingénieux et authentiques. Tu crois le contraire ?

- Mouais…

-  Ba si !

- Bon je reprends un café !  … Mais bon, ouiiii ok  la réalisation est pas mal, il y a des trucs, des plans sympas (le focus fluctuant entre le ventre de Kiberlain, en premier plan et son visage etc…) des scènes déjantées comme le récit illustré de Dupontel (tu sais : comment le vieux s’est-il donc fait couper les membres et croquer les yeux !!) mais franchement, j’ai eu l’impression, souvent, en regardant ce film, que le côté effréné de la mise en scène cachait un peu la banalité du scénario… Un peu comme tous les films de Dupontel d’ailleurs…

- La banalité du scenario ?????? non mais t’es fouuuuuuuuuuu ! Il y a une immense richesse dans l’écriture. Chaque scène, oui c’est vrai, évoque une situation lambda, mais elle transcende la trivialité par la loufoquerie de l’écriture : par exemple, tu parlais de la scène où Dupontel invente le cambriolage et la mutilation du vieux,  le parallèle entre le récit de Dupontel hésitant, et le vieux, que l’on voit à l’écran s’agacer des hésitations de son narrateur est franchement ingénieux !! De la même manière, lorsque Kiberlain découvre par les caméras de surveillance ce qui s’est passé le fameux soir, on assiste à un bel exercice d’écriture fragmentée, reliant avec intelligence les éléments clefs du récit.

- Tiens Sandrine Kiberlain, parlons-en… Tu l’as trouvée convaincante, toi ? bon, j’allume une clope…

- Oh oui, complètement… Elle qui est souvent très fade.;. là, je l’ai trouvée parfaite : Dupontel a réussi à faire de sa froideur un avantage ! En juge un peu coincée, et en étant confrontée à l’extrême (la situation, le personnage de Dupontel…), elle exprime parfaitement le comique de situation voulu par le réal : le procédé est certes très classique mais Dupontel s’en sort parfaitement !

- bof, moi elle m’a parue enfermée dans 3 expressions…

- Justement, Dupontel s’en sert : que le manque d’expressivité ou de chaleur émane de Kiberlain elle-même ou du juge qu’elle incarne, Dupontel en fait un anti-héros que le film, et l’aventure partagée, rendent finalement sympathique et attachant. Une marque de fabrique des films de Dupontel, de toutes façons !

- Et Dupontel qui surjoue en permanence… non franchement, le film manque de subtilité, du jeu à la mise en scène… Tiens plus on en parle, moins j’aime… Le comble ayant été ces caméos complices, genre le milieu qui se régale entre copains, aaah ça m’agace ! Jan Kounen, Terry Gilliam, Michel Fau, Gaspard Noé, Yolande Moreau et le pire, Jean Dujardin : lui, il suffit qu’il débarque dans un film pour que le public soit aux anges…

- N’empêche que tous ces seconds rôles sont tous drôles et qu’ils sont traités avec autant de soin que les rôles principaux ! Mention spéciale à l’excellent Philippe Uchan en juge de Bernard !!! La scène dans son bureau est un sommet de drôlerie !!

- Bon, je te l’accorde, on passe un bon moment, on sourit, oui on rit même parfois, ok, mais le film reste une bonne comédie, dont le plus est qu’elle est plutôt bien réalisée… Ceci dit, franchement, pas sûr que ce soit un des films marquants de 2013…

- Bon et bien alors nous sommes sur la même longueur d’ondes : Neuf Mois Ferme, c’est bien, on passe un bon moment, c’est insolent

- oui enfin insolent … tranquillement insolent hein… c’est une insolence qui est devenue tout à fait mainstream

- pas sûr… enfin je te disais que oui on y passait un bon moment, mais qu’au final, le film de Dupontel restera comme un sympathique souvenir, et pas comme LA claque de 2013… Bon on file ?  y’a Snowpiercer dans 10 minutes…

- Aie… on reprend un café après alors ?

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1 Comments
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  • 23 novembre 2013 at 5:59

    Voici le voltaire que nous avons restauré ma femme et moi. Nous sommes quand même satisfaits de nous car le fauteuil est très confortable. Merci pour la qualité du matériel.

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