Dernier article du site
 
[Festival d'Avignon] Spectacle / Histoire(s) du théâtre (II) – Faustin Linyekula
[Danse - Critique] Partita 2 - Sei Solo d'Anne Teresa de Keersmaeker / Boris Charmatz
Previous
RANDOM
[Cinéma : Box-Office 2013]
Next

[Danse – Critique] M!longa de Sidi Larbi Cherkaoui

Spectacles
LA CRITIQUE

[fblike]

Le chorégraphe belge touche-à-tout embrasse cette-fois le Tango : de l’hommage à la réinterprétation, de l’authenticité au dépassement des codes, ce Milonga propose une lecture inégale de l’art argentin, tant il oscille entre la grâce -audacieuses chorégraphies de groupes ou pas de deux osés- et le plus affligeant du mauvais goût. Surprenant, guère déplaisant, mais assez plat, ce Milonga divertit sans pour autant rester une pièce maîtresse du danseur.

Autour d’un dispositif vidéo d’une fascinante laideur et d’une scénographie abusivement clinquante et sur-écrite, Cherkaoui délivre une chorégraphie élégante et entière, aussi radicale que l’est la danse argentine elle-même. En cela, le chorégraphe du Boléro présenté à l’Opéra en mai 2013 respecte totalement l’esprit du tango : les passions sont exprimées, dans leur vérité brut, dans leurs plus profonds excès, de la jalousie à l’amour, en passant par la colère ou le désir. Cherkaoui met en scène un tango absolument respectueux de ses codes, de son essence et fidèle à son esprit passionné et passionnel.

Mais Cherkaoui ose proposer aussi un tango plus moderne, glissant de duos aux influences modern jazz et classique, à des pas de deux et des solos aux sous-entendus hip hop. Le tango, danse de salon ou danse de couple, se transforme ici sous le regard de Sidi Larbi Cherkaoui, en une vaste épopée vitale. Il alterne les danses de groupe, où chaque danseur s’échange et change de partenaire, avec les duos plus classiques. Ou encore, il enchaine un tableau collectif où la symétrie est essentielle à un superbe trio d’hommes, inédit dans le Tango, aux pas aussi complexes que ceux habituellement réservés aux femmes. Les danseuses sont forcément, de la tenue à l’allure, des divas excessives mais Cherkaoui n’hésite pas à proposer aussi des danses moins codifiées « tango », plus nuancées avec notamment un somptueux tableau de danse au sol particulièrement réussi.

Il aurait fallu ne pas ajouter ces décors grossiers (belle idée d’ombres et de figurines mais surexploitée à outrance) et ces ridicules utilisations de la vidéo, qui viennent gâcher l’élégance de la danse sud-américaine et ses élans sanguins en adoucissant le spectacle d’une mièvrerie parfois pathétique (l’incrustation d’un bébé dans la vidéo d’une danseuse, entre autres…) ou d’une lourdeur esthétique malvenue (des photos qu’un « danseur » agrandit et réduit sur l’écran, glissant façon « écran tactile » les clichés pendant une dizaine de minutes… lassant!)

Un spectacle étonnant, tant la danse parait merveilleusement maitrisée, qui redonne au Tango son aspect le plus authentique et le plus sincère, aussi populaire que sont ces milongas argentines, ces « bals » où le tango se danse au gré des humeurs, dans un élan collectif. Mais un spectacle qui laisse cependant trop de place au paradoxe : celui de tartiner cette spontanéité et cette authenticité, faisant la part belle au caractère et à l’humeur, d’un cumul de clichés tape-à-l’oeil ou d’une épaisse couche d’indélicatesse et de facilités, donnant à la scénographie un air de gâchis inutile. Pour autant, elle ne cache pas l’immense talent de ces danseurs argentins, recrutés par Cherkaoui lui-même lors de ses stages en Argentine…

 Rick Panegy

 

 

Et vous, vous en avez pensé quoi ?
perso j'ai dé-tes-té !
0%
mouai, bof, ça m'a pas chamboulé!
0%
C'était plutôt pâs mal !
0%
J'ai a-do-ré !
0%

Laisser un commentaire

Fonts by Google Fonts. Icons by Fontello. Full Credits here »