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[Danse – Critique] L.A. Dance Project 2 – Benjamin Millepied

by Philip Pick6 mars 2014
LA CRITIQUE

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Les revoilà !

La troupe fondée par Benjamin Millepied refait un petit tour par Paris et le Théâtre du Châtelet après une première proposition l’an dernier, en 2013, qui était certes ambitieuse mais assez inégale. Cette fois-ci, force est de constater que le programme du L.A.Dance Project est absolument délicieux et en tout point réussi. Trois nouveautés encadrent le Closer de Benjamin Millepied, génialement repris par Céline Cassone et Alexander Hille, artistes invités : Murders Ballades de Justin Peck, Morgan’s Last Chug d’Emanuel Gat et le remarquable Peripheral Stream d’Hiroaki Umeda.

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Morgan’s Last Chug d’Emanuel Gat

Le premier programme de la soirée est probablement le moins réjouissant des quatre propositions. Se perdant un peu dans une confusion de pas et d’enchainements parfois trop étirés, parfois trop appuyés, Morgan’s Last Chug d’Emanuel Gat est sans doute un peu trop long. Il aurait en effet gagné probablement à être plus dense, la durée n’apportant pas, ici, de valeur ajoutée à un quelconque sentiment que produirait cette succession de compositions, parfois parallèles, parfois symétriques… Le déséquilibre de l’accompagnement musical est d’ailleurs étonnant : d’abord entouré de silence, les danseurs évoluent ensuite sur la Suite Française N°1 de Bach, puis sur une Marche Funèbre pour la Reine Mary de Purcell à peine audible avant de finir sur une lecture de Beckett par Jim Norton. Un ensemble qui se laisse certes apprécier mais qui manque peut-être d’une certaine cohérence et d’une éventuelle intensité. Nul doute qu’Emanuel Gat a un talent certain, mais il peine dans cette création à définir clairement une ligne, une identité…

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Peripheral Stream d’Hiroaki Umeda

Visuellement saisissant, la création d’Umeda, présentée en première mondiale à Paris à l’occasion du programme, est une proposition radicale et totale. Le concept visuel, jouant d’effets stroboscopiques et de projections de courbes et de lignes aux échos très « numériques, répond au concept sonore, composé d’ondes plus ou moins aiguës, accompagnées de martèlements quasi binaires. Au cœur de l’univers quasi immatériel et rectiligne (tant qu niveau sonore que visuel), les six danseurs évoluent en mouvements presque mécaniques, collant à l’ambiance « informatique », à l’atmosphère « androïdes » voulu par l’ensemble du concept. Au fur et à mesure, les liants s’installent à tout niveau : des courbes se mêlent aux lignes brisées de la projection, les « notes » ne se succèdent plus de manière abrupte et les pas, sur scène, finissent par entreprendre davantage de liaisons. Au cœur d’un monde mécanico-numérique, Umeda semble jeter au regard du monde la nécessité et l’inéluctabilité de l’humain. Atypique, frappant.

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Closer de Benjamin Millepied

La reprise du pas de deux de Millepied dans ce programme est un cadeau qui se savoure ! Magnifiquement interprété par Céline Cassone et Alexander Hille, spécialement invités par la compagnie pour l’occasion, Closer embarque le spectateur dans un romantisme franc, sublimé par les éclairages subtiles de Roderick Murray. Aussi sensuel que sensible, il exprime un érotisme latent que les enlacements, parfois très suggestifs, transcendent d’une délicatesse élégante. Les portées sont longs et expressifs, les élans sont précis et lents, stimulés par des touchés grâcieux. La musique de Philip Glass élève alors ce dialogue amoureux au rang de poème visuel et sensitif. Millepied n’explose pas les codes, comme toujours, et ne révolutionne pas la danse mais il réussit encore à insuffler une belle naïveté et un idéal raffinement à ses créations, qui restent toujours agréables à voir.

Ce Closer dépasse de loin l’aspect sympathique, tant il provoque une suspension du temps, entre rêverie et fantasme.

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Murder Ballades de Justin Peck

Le programme se termine par une belle création de Justin Peck, dans la droite lignée (revendiquée !) d’un Jérôme Robbins ! Son Murder Ballades est une invitation aux arabesques rondes, coupées d’un esprit new-yorkais cool quasi hipster. Le très jeune soliste du New-York City Ballet, qui marche encore prudemment dans les pas de ses modèles, est un héritier digne de cette danse énergique, mêlée de décontraction, tant du corps -laxe et malléable- que de l’esprit des composition. Les baskets aux pieds, ou au sol, sont comme un symbole de cette rupture du schéma classique réclamée. A cela s’ajoute la musique inspirée des murders ballades de la folk des années 50 : l’aspect enjoué qui apparaissait alors en premier lieu se trouve ainsi teinté d’humeurs plus sombres, lesquelles sont amplifiées par le concept visuel de Sterling Ruby, créé spécialement pour la venue du LA Dance Project au Châtelet.

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Rick Panegy

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Morgan’s Last Chug (2013)

Chorégraphie, Son, Lumières, Costumes – Emanuel Gat

Musique – J.S.Bach (Suite française N°1, Glenn Gould) / H.Purcell (Musique funèbre pour la reine Mary) / S.Beckett (Krapp’s Last Tape)

Danseurs : Aaron Carr, Charlie Hodges, Morgan Lugo, Nathan Makolandra, Rachelle Rafailedes.

Peripheral Stream (2014)

Chorégraphie, Concept Visuel original – Hiroaki Umeda

Superviseur – Aron Deyo

Closer (2006)

Chorégraphie : Benjamin Millepied

Musique : Philip Glass (Mad Rush)

Eclairages : Roderick Murray

Costumes : Lydia Harmon

Murder Ballades (2013)

Chorégraphie et Costumes : Justin Peck

Musique : Bryce Dessner

Lumières : Brandon Stirling Baker

Concept visuel : Sterling Ruby

 

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