THE HUMANS -

[Festival d’Avignon 14 – Critique] The humans d’Alexandre Singh

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Pour sa première création théâtrale, The Humans, présenté au Festival d’Avignon 2014, le plasticien franco-américain Alexandre Singh (voir notre interview) met en scène son propre texte, une parabole épique sur la création de l’humanité.

Tout en multipliant les références théâtrales, littéraires, artistiques et cinématographiques (un éventail de clins d’œils, d’Aristophane à Woody Allen en passant par Mozart et Shakespeare), Alexandre Singh, véritable démiurge d’un univers dense, loufoque et drôle, tend, non sans humour et mordant, un miroir aux spectateurs.

Dans ce reflet philosophique aux allures de Monty Python en comédie musicale, The Humans aborde la condition de l’homme, la religion et le rapport au bonheur. Ici Dieu (qui ne pouvait être représenté que comme un plasticien nommé Charles Ray en hommage au sculpteur américain) façonne des hommes et des femmes serviles. Leur libération (dans un passage assez scatologique) leur donnera, en plus d’un égo démesuré, le sens de leur mortalité et un certain goût pour la luxure, la gourmandise et la cupidité. Ces premiers hommes se ridiculiseront dans une grotesque farandole d’une comedia del arte macabre qui se terminera en un ridicule procès où ils affronteront les anges du paradis perdu (celui de John Milton). Dieu lui même semble remettre son libre arbitre dans des marc de café et entre les mains d’une entité inconnue qui le dépasse, en réalité un simple chat.

Cet univers en miroir déformant (la montagne en design 3D au milieu de la scène) répondra sans ambages à la question posée par William Shakespeare dans Hamlet : « To be or not to be ? » par « To be is better than not to be! ». Le bien ne peut totalement être apprécié sans le mal.

Si le regard plein d’humour et d’intelligence que porte le prolifique Alexandre Singh sur la condition de l’homme est assez pessimiste, il se permettra, en guise de conclusion, de donner, via son chat, quelques clés positives.

Philip Pick

Voir le billet 10 idées reçus sur le Festival d’Avignon.