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[Théâtre – Critique] Idiot parce que nous aurions du aimer de Vincent Macaigne

Fool sentimental
by 11 octobre 2014
Verdict...
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Rick Panegy
Philip Pick
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LA CRITIQUE

Vincent Macaigne redonne vit à son Idiot de 2009, dans une version encore plus provocante de fureur des errances de son Prince Mychkine. Rebaptisé Idiot parce que nous aurions du aimer, le spectacle divise autant qu’il ose : bruits et cris accompagnent le constat amer fait par le héros et le metteur en scène. Une complainte agressive et épuisante.

S’il y a dans le théâtre de Macaigne une évidente fureur (quasi désespérée) séduisante et presque fascinante, il y a aussi quelque chose de l’ordre de la stérilité derrière la colère ou la désespérance exprimées par l’artiste. Ça crie, ça se débat : le constat du monde met en rogne l’artiste… Hélas, derrière la mise en scène emphatique (visuellement riche, souvent excessive) on ressent autant de frustration que la colère de Macaigne semble vaine… Que propose l’artiste de cette rage ? Quelles suites à ces réactions ? Il y a alors dans cette révolte une attitude presque adolescente : on ne fait pas la révolution si l’on ne propose rien à construire après la destruction…

La transposition de l’Idiot de Dostoievski est pourtant intéressante. On n’assiste ici qu’à une partie du roman : l’anniversaire de Nastassia Philippovna et le retour de l’idiot/Mychine des années plus tard : la description d’un monde qui bascule- celui d’une Russie dans le roman du dramaturge – semble faire ici écho à notre propre société contemporaine qui semble sombrer. En cela, Macaigne fait mouche : il parvient à saisir la fragilité d’un monde prêt à glisser, et à exprimer toute la colère sourde qui gronde, notamment dans une jeunesse qui ne trouve pas dans le monde la réponse attendue à ses espoirs… Il a ainsi le mérite de faire venir au théâtre un public nouveau, rajeuni. Les salles sont pleines de jeunes spectateurs, la vingtaine, qui vont parfois peu au théâtre.

Mais ses excès et ses débordements, brouillent parfois la lecture d’un texte pourtant fort et bousculant. L’adaptation du texte russe par Macaigne n’hésite pas les longs monologues (extrêmement longs) et mêle aux propos une langue parfois très contemporaine. La spontanéité est alors de mise, à chaque instant. Elle répond aux très préparés effets de mise en scène, visuels, sonores, sensoriels ; si nombreux qu’ils font parfois catalogues.

Les exagérations en tout genre de la scénographie (dans la rue avant le spectacle, à l’entracte dans le foyer, dans la salle, les comédiens mêlés au public, la musique trop forte, les acteurs hurlant, la mousse, la surenchère et l’étirement des scènes « chocs »…) donnent parfois aux choix de Macaigne des allures de postures qui polluent un peu la colère et le cri qu’on aurait préféré plus « bruts », à l’instar du jeu de certains comédiens.

Rick Panegy

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