[Théâtre – Critique] Autour de ma pierre il ne fera pas nuit…

Fabrice Melquiot, jeune auteur maintes fois adapté (et par de grands noms -de Demarcy-Mota à Nordey- et dans de grands lieux -Abesses, TDV, Rond-Point, Bastille…) plait toujours autant aux jeunes compagnies et collectifs grâce, notamment, à la richesse de ses textes. Autour de ma pierre il ne fera pas nuit est écrit avec un sens de la poésie et de l’élégance, des mots qui s’envolent avec la légèreté de l’innocence et qui frappent, avec le poids de l’émotion, ou celui de l’innocence.

Les mots d’Autour de ma pierre il ne fera pas nuit, et cette histoire de brigands naïfs, de fils pur ou de père perdu, donnent surtout aux comédiens la partition idéale pour le jeu. Et le collectif « Service Retouches » s’en sort plutôt bien, reconnaissons-le ! Avec peu de moyens, le collectif parvient en effet à assurer une mise en scène habile, assurant des transitions entre chaque scène bien menées, réfléchies, refusant la facilité de l’enchaînement linéaire par l’éculé fondu au noir. Les comédiens proposent un jeu entre sincérité et émotion, n’excluant pas le rire. La scène de la rencontre entre le fils et sa jeune fiancée peintre, par exemple, est un des moments les plus réussis, alternant dans un mélange d’innocence et d’impudeur la grâce de la pureté et le rire de l’incongru.

Chacune des scènes est donc à l’image de la pièce, qui montre la frontière assurément poreuse entre le mal et la candeur, éloignant alors tout propos du manichéisme. Un bon travail : on ne s’y ennuie pas.

Rick Panegy

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