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[Danse – Critique] Archive d’Arkadi Zaides

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Rick Panegy
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LA CRITIQUE

Sur la scène, l’espace, vide et habité par le seul corps d’Arkadi Zaides, se fait l’écho concret de violations des Droits de l’Homme montrées à l’écran, en fond de scène. Ces violations, ce sont celles des colons israéliens dans les territoires occupés de Palestine. Filmées par l’ONG B’Tselem, qui distribue du matériel audio-visuel aux Palestiniens pour témoigner, les images, projetées en grand et en continu, révèlent le déni ; elles montrent, elles dévoilent l’omerta. Et de ces images, brutes, filmées à l’épaule, sans commentaire ni mise en scène, ne nait que l’indignation conceptuelle. Il y manque le corps, l’humanité. C’est tout l’objet de ce spectacle de l’ex-danseur de la Batsheva Dance Company d’Ohad Naharin : donner sens  au concept par l’expérience, dépasser l’impression du simple regard par l’expérimentation.

A l’écran, des colons brûlent les champs, caillassent des habitations de Palestiniens, des militaires toisent, imités par de jeunes Israéliens répétant le dédain du colon lambda. A l’écran, des Palestiniens subissent ces « Violations des droits de l’Homme » : la violence et l’humiliation sont presque palpables. Presque. Tout a déjà été lu, tout a déjà été dit, tout a déjà été montré sur le malheur des populations des territoires occupés en Israël. Qu’est-ce que le corps de Zaides changent-il à la charge politique ? Une rupture de la distance, intrinsèque à l’écrasement de l’image.

Zaides, en incarnant  hic et nunc, par mimétisme, les scènes décrites par les captations vidéos de B’Tselem derrière lui, décortique puis focalise la violence et la détresse, l’isole, la répète plusieurs fois, à l’image de celle qui se reproduit indéfiniment depuis des années en Israël. Il permet surtout de donner du relief à la conventionnelle révolte intellectuelle qui vit sans trop de risque tous défenseurs des droits de l’Homme : en faisant corps avec la violence quotidienne, le danseur israélien la montre concrètement et l’amène au devant du spectateur occidental. Ce n’est plus image, c’est un corps, s’agitant, hurlant parfois, que le spectateur expérimente. Plus que politique ou géo-politique, la dénonciation est celle de la distance qui sépare la souffrance de celui qui la déplore. Un rapprochement aux valeurs humanistes que certains ont trouvé plat. Zaides pourtant, n’a aucune autre prétention que de se servir de son corps comme medium du témoignage.

Dans un monde où la culture de l’image est autant celle du superficiel que de l’éphémère -paradoxalement- Arkadi Zaides, lui-même Israélien, permet en même temps à celles de B’Tselem de bénéficier d’un impact plus large et surtout, confirme la force de l’expérience pour éprouver la sensation, toujours plus forte lorsque le corps apporte la possibilité tangible du sentiment et de l’émotion.

Rick Panegy

  • Présenté au Festival d’Avignon 2014

 

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