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[Exposition] Thomas Lerooy au Petit Palais

by 8 juin 2015
MICRO-CRITIQUE & NOTE
En bref...

Le Petit Palais accueille pour la première fois les créations d'un artiste contemporain. Thomas Lerooy déploie une sélection d'œuvres en regard des collections permanentes. À voir !

Pourquoi "oui" ?

- L'occasion de porter un regard neuf sur les collections.
- La qualité de la sélection, et de l'accrochage.

Pourquoi "non" ?

- Un manque d'explications.

Verdict...
NOTES
Pascal Bernard
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LA CRITIQUE

Le Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la ville de Paris, a invité l’artiste belge Thomas Lerooy, né en 1981, à instaurer un dialogue avec les collections permanentes du musée. Une vingtaine de sculptures et de dessins sont disséminés dans les salles, en regard des œuvres du XVIIIe, XIXe et XXe siècle.

dans la galerie 1900, Petit Palais

Des créatures hybrides envahissent le Petit Palais (Thomas Lerooy, Need in Me, 2010)

Si le Petit Palais s’était déjà ouvert à l’art contemporain en accueillant la collection du FMAC (le Fonds Municipal d’Art Contemporain) en 2008, ou à des occasions ponctuelles : le prix Canson, l’exposition Jean Dubuffet organisée par les Arts Décoratifs ou la Foire Internationale d’Art Contemporain, jamais il n’avait donné carte blanche à un artiste. Une grande première donc, contrairement à d’autres établissements culturels habitués à un tel dialogue entre le passé et le présent : on pense au musée du Louvre, au Château de Versailles mais aussi au Musée de la Chasse et de la Nature qui est devenu une référence dans ce domaine.

Pour une première, l’établissement a souhaité jouer la carte de la sécurité en rattachant l’exposition à sa propre histoire : « en écho à ses origines, lorsque le Petit Palais, à l’aube du XXe siècle, achetait au Salon des œuvres d’artistes vivants pour constituer sa jeune collection, le musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris invite l’art du XXIe siècle à dialoguer avec son prestigieux fonds ancien ».

Les œuvres de Thomas Lerooy s’intègrent naturellement au décor du Petit Palais : aucun homard géant, ni de chien en ballon dans les salles (clin d’œil à l’exposition Jeff Koons à Versailles). Il faut dire que celles-ci se nourrissent de références classiques à même d’être accrochées en vis-a-vis de ses modèles. On distinguera au Petit Palais des liens étroits avec la statuaire antique, l’art baroque ou la peinture classique. L’artiste a d’ailleurs placé son exposition sous les auspices de Jérôme Duquesnoy l’ancien, l’auteur du Manneken-Pis, en plaçant une réplique de la statue, agrémentée d’un crâne doré, visible par tous, sur le toit du musée.

Une étreinte de deux puttsi () répond au Sommeil de Gustave Courbet, Petit Palais

Dialogue entre The Kiss de Thomas Lerooy (2009) et le Sommeil de Gustave Courbet (1866)

Thomas Lerooy investit les salles du rez-de-jardin consacrées aux arts décoratifs en 1900, la galerie XIXe siècle avec les tableaux d’Alfred Roll ou Gustave Courbet, la succession de salles présentant l’art sous Louis XV et Louis XVI ainsi que le jardin intérieur du bâtiment. Il a déployé au sein du musée un cortège de créatures hybrides, difformes, semblant tout droit sorties d’un musée de curiosités de la nature (têtes démesurément grandes, corps siamois, fragments anatomiques répartis dans des bouteilles…). Si l’évocation peut surprendre, la qualité de l’accrochage et la pertinence de la sélection, font que le dialogue fonctionne.

Le dialogue est d’abord d’ordre esthétique : les couleurs du bronze et de la patine en ciment employés par Thomas Lerooy répondent aux nuances des boiseries, des parquets et des dorures des salles qu’il investit. Les œuvres de l’artiste résonnent aussi avec les collections d’un point du vue iconographique : l’étreinte de deux enfants au crâne apparent en vis-à-vis du Sommeil de Gustave Courbet, une main percée d’un clou en écho à un Christ en croix de Léon Bonnat, une femme allongée au repos près des Demoiselles de Bords de seine de Gustave Courbet ou le Nouveau-né d’André Gill. Les œuvres de Thomas Lerooy font écho aux genres classiques de la peinture : le portrait, la scène de genre, la nature morte…

console XVIIIe

Dans les salles XVIIIe siècle du Petit Palais, les oeuvres de Thomas Lerooy semblent avoir toujour été là

On apprécie tout particulièrement l’ambiance des salles boisées présentant l’art du XVIIIe siècle où les pièces de Thomas Lerooy se fondent naturellement dans le décor et semblent y avoir toujours pris place : des bouteilles ont été déposées sur les meubles d’époque. En l’absence de plan, les visiteurs sont invités à parcourir librement les salles à la recherche des pièces contemporaines, au risque d’en rater. Un tel accrochage vise à porter un regard nouveau sur les collections du Petit Palais, méconnues du grand public. Pari réussi !

Pascal Bernard

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