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[Festival d’Avignon 2015] Le Vivier des Noms de Valère Novarina

Linguistic Park
by 9 juillet 2015
Pourquoi "oui" ?

- Exercice linguistique virtuose
- Sémantique de l'absurde, cohérente
- L'amour du verbe qui se dégage
- La plasticité, fine, des œuvres de Novarina au sol et celle de ses constructions linguistiques, comme des tableaux
- Des séquences hilarantes.

Pourquoi "non" ?

- Un concept qui pourrait s'étaler des heures ou finalement durer 30 minutes.
- Un peu long - Relâchement d'une partie des spectateurs à la moitié du spectacle...
- Un exercice de style qui peut être hermétique pour certains.

Verdict...
NOTES
Rick Panegy
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LA CRITIQUE
/ EN BREF /L’artiste-plasticien-écrivain Valère Novarina revient au Festival d’Avignon avec sa création Le Vivier des noms. Explorant toujours le langage, il creuse le sillon de son monde de verbe. Spectacle en apparence absurde, il explore pourtant cette cohérence des mots, qui résonnent au final au gré de leur mariage, au-delà de leurs associations improbables. Toutefois, après la jubilation des premiers instants, l’exercice poétique finit par être un peu long, ou vain. A voir pour une l’exercice du concept, qui associe le mot au plastique, dans un spectacle où l’esthétique des mots rejoint celle du geste de l’artiste.

Sur scène, comme un jeu de Memory, les œuvres de Novarina -ces traits noirs interrompus de rouge- constituent un sol  de figures humaines. La diversité des sentiments humains s’y exprime, comme le berceau du verbe. Plus de deux heures durant, sur ce puzzle d’esprits humains, vivent et s’affrontent les mots et le verbe dans un système grammatical et sémantique totalement bouleversé.

Depuis des années, Valère Novarina s’attèle à donner corps à la parole, à explorer l’infini des possibilités qui s’en dégage… Le Vivier des Noms est un maillon de plus à cet exercice de concept linguistique. Il séduit par sa virtuosité, son humour, sa vivacité ou son audace. Mais force est de constater que l’objet iconoclaste et poétique s’avère au final au pire lassant au mieux difficile, la faute à un spectacle un peu trop long. Car, en définitive, Novarina inventant un système linguistique original et unique, Le Vivier des noms aurait pu durer six ou sept heures de plus, voire indéfiniment, comme un monde aux possibilités de langage infini : Saussure, Martinet, Chomsky ou Jakobson auraient de quoi revoir tous leurs écrits…

Après un premier quart d’heure magistral où le spectateur assiste à la description fictive du lieu, par Agnès Sourdillon, drôlissime, Novarina fait vivre une galerie de personnages improbables en les présentant successivement (par une Claire Sermonne très en verve!). Mieux que Proust, mieux que Houellebecq, les paysages et les personnalités des « noms » inventés par Novarina s’enchainent par centaines, transformant la scène en ce « vivier » que l’artiste-poète dessine comme un miroir de notre propre monde.

Quelques scènes mémorables, hilarantes ou si virtuoses qu’elles en fascinent, surgissent ici et là de cette réserve du verbe, qui résonne comme un « linguistic park » d’où on espère qu’un jour, s’échapperont tout l’amour de la langue qui y vit.

Rick Panegy

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