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[Festival d’Avignon 2015] Richard 3 de Thomas Ostermeier

Steampunk King
by 14 juillet 2015
Pourquoi "oui" ?

- Un univers scénographique et musical steampunk très précis
- Un sens du spectacle
- Un Lars Eidinger parfait
- Un sens du rythme et l'occupation de l'espace

Pourquoi "non" ?

- Maitrisé mais peu de risque.

Verdict...
NOTES
Rick Panegy
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LA CRITIQUE
/ EN BREF / Thomas Ostermeier revient au Festival d’Avignon avec une production déjà rodée. Son Richard 3, emporté par un Lars Eidinger superbe dans le rôle du tyran, est de ces spectacles à la fois osés mais prudents, qui offrent l’équilibre entre le respect de l’œuvre et le spectaculaire.

La musique live donne le « la » dès le début du spectacle : aucun répit n’est possible, les coups de théâtre et les assassinats se succèderont au grès du rythme effréné rock du musicien à cour.

Dans la salle, les comédiens occupent l’espace scénique comme s’il s’agissait d’un jardin qui menait au château de l’horreur. Une sorte de préambule, de sas, le calme avant avant la tempête. Car sur scène, il y a Richard 3, pauvre petit être tout fragile et malheureux, abîmé par la vie, que la flamme de la vengeance et le soif de revanche va transformer en monstre. Ce Richard 3, c’est Lars Eidinger, formidable dans sa manière de délivrer la névrose de Richard 3, et dans son jeu alternant la perfidie brute et l’intelligence maligne. Son jeu, très physique, et son charisme, y sont pour beaucoup dans la réussite de cette pièce.

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Mais la maitrise formelle d’Ostermeier, dans sa mise en scène et sa vision esthétique réussie, font le reste : son Richard 3 est un bijou Steampunk, des décors brut à la scène de terre inclinée.

Cette scène, dont le planché est orienté vers le public, offre Richard en pâture, comme une offrande à un lynchage public du monstre sanguinaire : sa fin, suspendue par le pied au milieu de la scène, dénudé, n’évoque pas moins cette humiliation publique. Sa voix, qui murmure dans un micro pendu du plafond, cisèle les mots comme des menaces : Eidinger harangue le public, mais maitrise parfaitement l’art de la rupture aussi. L’humour aussi, ponctue cyniquement quelques scènes…

Mon royaume pour un cheval ! Richard 3

Les quelques deux heures trente défilent sans que le spectateur ne se rende compte que le récit touche à sa fin. Bientôt, le micro devient caméra et les victimes de Richard 3 reviennent dans ses rêves, apparaissant en projection en fond de scène tandis qu’il menacent physiquement le corps endormi du despote. Par un habile procédé de mise en scène, simple mais terriblement efficace, l’ambiance du cauchemar est palpable.

Bien que ce Richard 3 ne soit probablement pas le meilleur spectacle de la Shaubühne, la compagnie d’Ostermeier offre l’assurance d’un spectacle réussi, maîtrisé, alliant l’audace raisonnée et le respect des œuvres.

Rick Panegy

Crédits Photos / © Christophe Raynaud de Lage et Arno Declair

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