[Théâtre – En bref ] Ajax Cabaret de Wajdi Mouawad

[alert variation= »alert-info »]Le « saint-patron » (?!) de la tragédie antico-contemporaine mêle, dans son Ajax Cabaret, le grotesque au pathos, dans un univers visuel bancal, entre bricolage et inesthétisme. Il mélange surtout tous les styles, sans parvenir à trouver l’équilibre ou la balance idéale dans le jonglage entre comédie, ironie, drame et analyse contemporaine et personnelle. L’auteur-metteur en scène des excellents Incendie, Forêts, Seuls, Temps (…) convoque et fait se chevaucher Achille, l’image du père, Sabra et Chatila, le Liban, le Front Islamique du Salut, la douleur maternelle, la racisme ordinaire, l’humiliation et la pérennité des mythes à travers les temps… Autant d’explorations artificiellement rafistolées ensemble, dans une écriture moins aérienne et fluide qu’à son habitude. Cette fois-ci, le tout est assez poseur, hâbleur. Le nombrilisme habituel de Wajdi Mouawad ne parvenant pas, ici, à transcender son sujet, malgré, toujours, une évidente ambition littéraire et scénographique. D’Ajax et de son destin tragique et injuste -l’humiliation par excellence-, on retiendra que la honte et l’affront auraient pu être traités de manière mythologique et sociologique sans cette accumulation d’effets visuels, scéniques et littéraires superflus. Mouawad termine son spectacle en invitant à répondre à l’humiliation par l’indifférence. On n’est pas loin de garder en tête ce dernier conseil…[/alert]

Rick Panegy