Spectacles

[Festival d’Avignon 2016 – Critique] Le ciel, la nuit et la pierre glorieuse / La Piccola Familia

by 7 juillet 2016
Pourquoi "oui" ?

- Du rythme
- De l'humour
- De la pédagogie
- On apprend ou on révise
- L'idée d'une chronique qui s'étale jusqu'à une histoire qui n'existe pas encore (2086!)
- des instants d'improvisation et de burlesque
- Le choix d'une programmation des séquences thématique et non chronologique
- L'humilité des moyens

Pourquoi "non" ?

- Des flottements (particulièrement pendant les moments de pure narration)
- La cheville blessée de Thomas Jolly :-/
- Pour ceux qui aiment dans un spectacle scéno ou décors, ils risquent d'être déçus par la discrétion des moyens mis en œuvre...

Verdict...
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Rick Panegy
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LA CRITIQUE
/ EN BREF / S’étalant sur la toute la durée du festival, ces « Chroniques du Festival d’Avignon de 1947 à 2086 » (le sous-titre de la pièce) sont fragmentées en 16 épisodes. Présentées dans un format court (50 minutes), sur un rythme enlevé (propre à la Piccola Familia de Thomas Jolly, ces morceaux d’histoire retracent le passé, le présent et même un futur rêvé, fantasmé, craint, espéré, imaginé… jusqu’en 2086 ! Un spectacle-feuilleton qui débute, dans « La création du Festival » (l’épisode 1), par une ton mi-pédagogique mi-comique, alternant l’improvisation potache et la restitution de vérités et de faits historiques.

Dans le jardin Ceccano, au pied d’un arbre majestueux se dresse, humblement une estrade raisonnable. Une sono discrète et trois quatre costumes qui répondent à un décors qui ne tient qu’à quelques planches en fond de scène. Le ton est donné : pas de surenchère technique ou de démesure scénographique, ici la grandeur du projet est ailleurs. Elle réside dans le long terme puisqu’il va falloir jouer 16 jours, soit quasiment 16 heures (une broutille pour la bande de Thomas Jolly, la Piccola Familia). Elle réside surtout dans l’équilibre à trouver pour garder un intérêt et un regard qui ne soit ni de la simple pédagogie, ni un simple cour magistral, ni -surtout pas!- une simple guignolade rigolote sur des anecdotes avignonnaises d’entre soi… Il va falloir retracer l’histoire du Festival, refaire vivre son présent et imaginer l’avenir : ce premier épisode laisse envisager du bon. Reconnaissons tout de suite que les premières minutes furent fastidieuses, un peu timides et poussives. Mais on pardonne, circonstances atténuantes obligent : ouverture du Festival, inauguration du directeur, Olivier Py, qui dans son discours, jette au passage que le dernier à avoir fait une rétrospective d’anniversaire était… lui-même pour les 60 ans du Festival (Pression du patron ^^), cheville de Thomas Jolly cassée la veille au cours des répétitions (remplacé sur scène). Voilà qui en aurait troublé d’autres. On pardonne surtout car la troupe se reprend vite, accélérant le rythme des séquences, variant les styles, savourant ses instants d’improvisation clownesques. La troupe se libère vite et les scènes où elle reproduit les premières créations de Vilar avec lecture des premières critiques sont un régal comique.

Olivier Py ouvre le Festival en présentant le spectacle.

Olivier Py ouvre le Festival en présentant le spectacle.

En somme, voilà une chronique fragmentée qu’il fera bon de suivre, tout au long du Festival, s’installant entre la leçon, la mémoire et le second degré. D’autant plus qu’il sera aisément possible de manquer un épisode (après tout, on peut être à un autre spectacle un jour) car la troupe a choisi de monter les séquences de cette chronique en se basant sur des orientations thématiques et non chronologiques !

C’est gratuit, c’est drôle et on apprend ce qu’on ignore encore ou ce qu’on avait oublié… C’est la seule prétention du projet et on l’accepte volontiers.

Rick Panegy

Crédits Photos / © Rick&Pick

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