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[Festival d’Avignon 2016 – Critique] Rumeur et Petits Jours de Raoul Collectif

by 20 juillet 2016
Pourquoi "oui" ?

- Une énergie collective
- Un théâtre de plateau qui fonctionne
- Certains bons mots

Pourquoi "non" ?

- Dramaturgie faible
- Propos politique abordé en surface
- Pensée réduite à son expression, qu'on aurait voulue plus développée
- Des longueurs
- Un comique qui se répète et s'enlise dans un cycle auto-suffisant
- Un esprit d'entre-soi qui confine à l'arrogance.

Verdict...
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Rick Panegy
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LA CRITIQUE
EN BREF : Après le signal du promeneur, présenté il y a quelques années dans le OFF au Festival d’Avignon, le Raoul Collectif investit les planches du IN pour y offrir un spectacle burlesque, décalé, parodique et ironique. Rumeur et petits jours, s’il est bourré d’énergie, s’enlise dans une boucle interminable de gags en série et en tout genre, et ne parvient pas à développer la pensée politique qu’il est supposé dégager.

L’émission va bientôt s’arrêter. Un ordre qui vient « d’en haut ». En attendant, ce soir de dernière, les cinq animateurs vont poursuivre leur travail, entre débats et invité mystère. Un point de départ sur lequel le Raoul Collectif s’appuie pour développer un théâtre de comique en tout genre et y insuffler leur positionnement politique et point de vue sur le social, tout en parodiant, en les brocardant, les installés d’un milieu culturel aux acquis et aux allures d’entre soi.

Pourtant, jamais le Raoul Collectif ne parvient à sortir de la spirale à gags, qui écrase paradoxalement toute la pensée qu’ils souhaitent installer. De la réflexion politique sur le libéralisme, le capitalisme ou l’économie de marché ne reste pas grand chose, une fois énoncée. Dommage pour un spectacle qui s’affiche énergique, sans limite, et un Collectif qui aspire à faire fi des limites. Car en effet, de leurs dialogues au travail de plateau, tout est prétexte à la dérision la plus totale, à l’éclatement le plus absolu. De l’absurde aux comiques en tous genre (passés en revue – terrible exhaustivité – du comique de situation, de langage, de caractère, de répétition, comme un exposé trop démonstratif de savoir-faire), le spectacle ne finit pas de s’appuyer sur le bon mot, l’accident slapstick, l’ironie ou le décalé. Si bien qu’il finit par oublier de développer une pensée qu’il tente pourtant d’installer en milieu de spectacle, en faisant intervenir, en guise d’invité surprise, l’allégorie pathétique de la pensée TINA (There is no alternative), pensée mondialiste et capitaliste mise en avant par Thatcher. Un peu trop appuyé, elle ne convainc guère.

Rumeur et Petits jours, c’est du théâtre de plateau efficace, mais qui se perd un peu dans l’espace trop grand de la scène : souvent en front de scène, ignorant les possibilités du reste de l’espace scénique (à part une incursion dans le public et une scène « climax » charnière qui n’apporte pas grand chose -à part un instant de folie spectaculaire).

La déception est à la hauteur de l’esprit quelque peu hautain du ton du spectacle : un humour d’entre-soi, moquant son propre milieu, qui se gargarise d’une distance narquoise avec ses propres tics. On rit parfois ; au mieux on rit beaucoup. Peu probable qu’il se passe autre chose chez le spectateur…

Rick Panegy

Crédits Photos / © Christophe Raynaud de Lage

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