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[Festival d’Avignon 2016 – Critique] Sisters de Roser Montllo Guberna et Elsa Wolliaston

by 21 juillet 2016
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Rick Panegy
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LA CRITIQUE
EN BREF : Dans le cadre des propositions faites par la SACD à deux artistes d’univers éloignés, Roser Montllo Guberna et Elsa Wolliaston se rencontrent, et élaborent sur scène un dialogue sensible et fin entre les corps et les regards, où la communion des gestes et des déplacement font naître la plus belle des fraternités.

Au Festival d’Avignon, les improbables rencontres organisées par la SACD nous gratifie parfois de pépites. De temps en temps en effet, l’association des mondes et des univers différents d’artistes, invités par la société à travailler ensemble et à monter un projet (dans un temps relativement court et sans budget pharaonique), fait naître un instant de grâce, d’intelligence, de drôlerie. Souvent inattendus, ces Sujets à vif ont l’avantage d’être joués dans une petite jauge, ce qui accentue l’intimité que peuvent proposer les artistes.

La rencontre entre la chorégraphe danseuse américaine Elsa Wolliaston et la danseuse Roser Montllo Guberna donne lieu à de longs moments de communion entre les deux danseuses aux physiques et à la technique radicalement opposées. Leurs corps, l’un frêle et fin, l’autre solide et imposant, ne se fuient pas ; ils se lient au contraire dans une unité qui procure, l’espace d’une trentaine de minutes, le sentiment d’assister à une promenade intime de refuge familial, où le témoignage de l’une à l’autre de son amour, de sa reconnaissance fraternelle, confère à l’instant un grâce bienveillante. Les sourires qu’elles s’échangent, parfois dans des instants où elles semblent poser pour une photo de famille, et celui qu’elles renvoient au public à la fin, habillent de complicité leurs déplacements et leurs gestes fraternels : quand Elsa ne s’assoie pas sur les genoux de Roser, celle l’enlace, ou la guide vers une chaise pour se reposer, quand Elsa ne fait pas ressurgir des jeux d’enfance (la brouette, en tenant Roser par les pieds), c’est Roser qui grimpe sur le dos de sa « Sister »…

L’espace d’une parenthèse, le tumulte quotidien se suspend autour d’un instant d’amour et d’intime, de complicité et d’échanges, où les corps expriment ce que les mots révèlent : les deux sœurs récitent, au cœur de leur promenade duelle, un poème en espagnol, en français et en anglais, où les mots s’échangent les uns les autres pour laisser place, à chaque nouveau vers, à de nouvelles vérités de liberté et d’amour.

Rick Panegy

Crédits Photos / © Christophe Raynaud de Lage

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