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[Danse – Critique] Palimpseste Duo de Michèle Noiret

Réécrire
by  on 29 septembre 2016
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Rick Panegy
Philip Pick
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En art, la question de la fin ne se poserait donc pas. Elle est subordonnée à l’écriture, à la réécriture. Elle s’efface dans l’élan d’un artiste qui crée, recrée, fait émerger des traces d’une ancienne œuvre dans une nouvelle…

Palimpseste Duo était à l’origine Solo Stockhausen (en 1997), puis est devenu Solo (en 2004) lorsque Thierry Knauff le mit en vidéo. En 2014, Michèle Noiret revoit Solo et remonte un spectacle à partir de celui-ci : Palimpseste. En 2015, elle recrée cette pièce avec le chorégraphe/danseur David Drouard, qui devient Palimpseste Duo. Depuis vingt ans donc, cette œuvre de Michèle Noiret ne cesse de renaitre, de se renouveler, de se recréer et de ne jamais finir. En cela, la chorégraphe belge a malicieusement bien joué en renommant sa pièce par le nom de ces manuscrits effacés et remplacés par d’autres au moyen-âge, ou le nom de ces supports qui ont vocation à être effacés, réutilisés…

Ainsi, chacune des versions contient des traces des précédentes, et il n’est pas idiot de penser que celle-ci encore est destinée elle-même à devenir l’essence d’une prochaine mutation. Que se passe-t-il dans ce duo d’une heure, au cours duquel la danseuse évolue en cycles chuchotés, où les gestes effleurés côtoient les minauderies complices et mystérieuses ?

Le Tierkreis de Stockhausen joue sa mélodie dodécaphonique, version boite à musique puis version clarinette et piano, en alternance, tandis que Michèle Noiret mêle la précision à l’impression : chacun de ses gestes ponctuent avec rigueur et exactitude la composition du musicien allemand. Le Tierkreis est composé de douze mélodies qui représentent les douze signes du zodiaque. Michèle Noiret dit s’être inspirée des caractéristiques de ces signes et des quatre éléments (eau, air, terre, feu) qui accompagnent les signes du zodiaque… Qu’importe s’il nous est parfois difficile de repérer les transitions d’un signe à l’autre, de déceler par moment les signes qu’elle illustre, Michèle Noiret captive par la grâce et l’élégance qu’elle imprime, la facétie, l’espièglerie, la séduction qui accompagnent chacun de ses « chapitres ». Lorsque David Drouard entre en scène pour une deuxième partie en duo, il nous sera donné à voir encore six signes du zodiaque, dans des pas de deux qui font se succéder la synchronicité des mouvements à leur fusion…

L’argument zodiacal n’est pas réellement nécessaire à l’appréciation du spectacle, on en reste parfois (très) éloigné. Mais ce Palimpseste duo, bien qu’offrant des instants inégaux, proposent des moments tantôt beaux, tantôt captivants, grâce notamment à l’élégant travail des lumières de Xavier Lauwers.

Réussir à faire jaillir la sensualité et la danse dans la musique de Stockhausen : un défi que Michèle Noiret relève avec le goût de l’éternelle renaissance.

Rick Panegy

  • Au Théâtre National de Chaillot du 27 au 8 octobre 2016
  • Au CNDC d’Angers le 11 janvier 2017
  • Au Théâtre National de Bruxelles du 19 au 21 mai 2017

 

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