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[ Spectacle Musical – Critique] Le Rouge et le Noir

Pop & Flop
by 19 octobre 2016
Pourquoi "oui" ?

- Des costumes bien faits.
- Une compensation du manque de décors par une vidéo parfois très réussie.
- Un récit fidèle à Stendhal.

Pourquoi "non" ?

- Un livret très scolaire, très linéaire.
- Un manque de rythme.
- Une mise en scène assez statique et empesée.
- Des comédiens aux jeux tantôt stéréotypés tantôt fades.
- Une scénographie faible et froide.
- Une composition en mode album, sans thèmes, remplies de singles.

Verdict...
NOTES
Rick Panegy
Philip Pick
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Pop & Flop
Dans la lignée de son Mozart l’Opéra Rock, Albert Cohen produit un « Le Rouge et le Noir, l’Opéra Rock« , très pop, très FM. Françis Chouquet et Laurent Seroussi à la mise en scène, de multiples auteurs-compositeurs pour la musique et Alexandre Bonstein au livret : le projet accouche d’un show assez fade, qui manque d’enthousiasme et d’unité. Décevant.

Si l’épique et romantique récit de Stendhal ne souffre pas de scandaleuses entorses -on respire-, le spectateur en quête de sensations pourra déplorer qu’elles ne correspondent guère à celles que provoque le roman du génie romantique. Encore moins à celles qu’offrent les comédies musicales réussies : ce mélange d’over the top et de show total où tous les sens sont en exergue, jusqu’à frôler la masturbation émotive. C’est vrai, Le rouge et le Noir, l’Opéra Rock est « spectacle musical », pas une comédie musicale… Ici, donc, à moins d’être un(e) teenager aux hormones tourmentées depuis The Voice par la plastique froide de Côme, qui incarne ici un Julien Sorel glacial et faussement ténébreux, l’appréciation du spectacle se fera de manière relativement distanciée, hélas…

Pourquoi ce spectacle cloche-t-il donc ? En vrac, la faute à à peu prêt tout…

Sur la scène du Palace, on compense le manque d’espace (et de moyens ?) par une utilisation massive de la vidéo en guise de décors : la scène, vidée et refroidie par un ascèse artistique, laisse place à des comédiens-chanteurs un peu perdus, isolés. La mise en scène de Laurent Chouquet et Laurent Seroussi peine légitimement, dans ce sidéral vide, à donner vie à ces personnages à l’explosion latente… Si, par moment, la vidéo à qui toute latitude est offerte s’exprime avec réussite (les transitions d’espaces, les profondeurs de champs grâce à deux panneaux latéraux…), elle ne laisse souvent qu’un goût d’illustration qui ne parvient pas à combler l’extrême dépouillement de toute vie sur le plateau…

Sur la scène du Palace, encore, des comédiens-chanteurs qui ressemblent ici davantage à des chanteurs qu’à des comédiens : on déplore le manque de jeu dramatique, l’absence d’ampleur et de profondeur. Conséquence : une impression frustrante d’assister à un concert mis en espace plutôt qu’à une comédie musicale. C’est d’ailleurs, peut-être, aussi le fait de la carrière de Laurent Seroussi, qui s’essaie ici à la mise en scène de spectacle musical après avoir mis en scène nombres de concerts pop…

Sur la scène du Palace, aussi, on entend un peu de tout, des styles musicaux différents, des paroles inégales, des « chapitrages » enchainés de manière un peu artificielle. Il faut dire que la multiplicité des partenaires artistiques ne facilite pas l’unité du show : de Zazie à William Rousseau (déjà à l’œuvre pour Mozart l’Opéra Rock) en passant par Sorel, la diversification des compositeurs s’est perdue dans un manque de cohérence. Alexandre Bonstein, à l’adaptation du livret, n’a guère pu cimenter le tout, même si son récit reste fidèle à l’ouvrage du romancier français de Le rouge et le Noir.

Reste de beaux costumes et quelques chansons pop entrainantes (« Rock » a du être choisi comme argument marketing…) dont les paroles, toutefois, sautent des jeux de mots zaziesques en allitérations répétées et appuyées. On attendait de voir la tête tranchée du jeune héros romantique sur les genoux de Mathilde, pur repartir avec une image forte… On ne l’aura pas : on héritera juste des notes qui résonnent quelques minutes, le temps de retrouver le métro…

Rick Panegy

 

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