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[Danse – Critique] And so you see… de Robyn Orlin

Diamonds, Weapons and Butterflies
by 6 novembre 2016
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Rick Panegy
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Venus Hottentote breaks free
Robyn Orlin offre à Albert Silindokuhle IBOKWE Khoza un écrin brillant. Son « And so yu see… » est une rencontre singulière avec l’affirmation de soi, un espace de voyage entre le colonialisme et la domination jusqu’à la liberté et l’authenticité. Sensible.

Au bout du fusil de la chorégraphe sud-africaine, l’engagement politique, sociétal, idéologique et identitaire, toujours première source d’inspiration. Et toujours cette éclatement des barrières avec le public, cette interactivité spectacle. La recette Robyn Orlin est brevetée. « And so you see… » ne s’éloigne pas de la méthode et c’est ici tant mieux : Pendant une heure, le performeur Albert Silindokuhle IBOKWE Khoza, magistral, alterne les instants de provocation, de sensibilité, d’émotion et de comique dans un spectacle aux allures de chrysalide où l’authenticité et la générosité du personnage transpirent à chaque instant, jusqu’à l’aboutissement d’une décolonisation culturelle et identitaire Un bras levé en forme de grâce.

You see, Vladimir (Poutine) it’s much better to dance with your weapon than to kill with them Albert Silindokuhle IBOKWE Khoza (And so you see..., Robyn Orlin)

Narrant sa différence, sa singularité, Albert Silindokuhle IBOKWE Khoza s’affirme peu à peu en tant qu’individu autant qu’il revendique la part culturelle profonde de ses origines, dans un état sud-africain où on connait les influences d’une communauté sur une autre. Présenté par Robyn Orlin tel une Venus Hottentote insoumise, le performeur joue de son physique, de son charisme, de sa voix, dans un scénographie très centrale ou la vidéo fait effet de loupe et de miroir. De ses danses guerrières à ses orgies d’oranges sur du Mozart, de ses discours sur les bijoux à son pas de deux avec Poutine, ou encore de sa libération primale à son envol tribal final, Albert Silindokuhle IBOKWE Khoza exprime avec une vive émotion l’accouchement de son authenticité dans un monde multiple, l’affirmation d’un soi pluriel et l’équilibre entre politique, identité et culture. Robyn Orlin ne cesse jamais de creuser dans l’allégresse les combats et les revendications les plus essentiels.

Rick Panegy

Au Théâtre de la Bastille, avec le Festival d’Automne, du 31 octobre 2016 au 12 novembre 2016.

Crédit Photo / © Jérôme Seron

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