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[Danse – Critique] Lisbeth Gruwez dances Bob Dylan

Lisbeth de scène
by 4 décembre 2016
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Rick Panegy
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Lisbeth de scène
La fondatrice de la compagnie Voetvolk et ex-collaboratrice de Jan Fabre alterne l’intime et la connivence dans un programme aussi simple que délicat. Lisbeth Gruwez dances Bob Dylan est une succession d’instants de grâce et de beauté, où s’expriment l’amour de la danse, de la musique et de la poésie

A jardin, le fidèle collaborateur de Lisbeth Gruwez, Maarten Van Cauwenberghe, est debout devant une platine, les disques de Bob Dylan débordant de la console. Sur le plateau, un immense tapis de danse, brillant comme un vinyle. La proposition ne s’embarrasse pas d’ornements et d’artifices : l’ensemble scénographique est dépouillé, aussi simple que ce que viennent offrir les artistes belges. C’est en effet un simple instant de partage, une connivence entre le public et les artistes, comme une soirée entre amis, ou une invitation dans le salon de vieux potes, qui se termine aux heures tardives par des danses instinctives sur des vieux tubes du poète américain.

Lisbeth Gruwez est en chemisier blanc, pantalon noir. Elle danse sur les 8 chansons que Marteen enchaine, le grésillement du vinyle en bonus… Parfois, elle s’arrête et discute, vient voir son complice pour échanger deux mots, elle boit une gorgée de bière. Lui, fume une cigarette et balance ses volutes dans les ombres du plateau… Entre les chansons qu’elle incarne, brisant son corps, le faisant tournoyer ad libitum ou le faisant léviter en ondes lentes et sensuelles, Lisbeth Gruwez parle au public, s’excuse de son visage grimaçant pendant les danses, de ses mollets lorsqu’elle ôte son pantalon… L’intime et la connivence sont les maîtres mots de la soirée : avec Bob Dylan, qu’elle a découvert grâce à Marteen, avec le public, qu’elle finira par inviter à danser sur scène, à la fin de la soirée.

C’est pourtant bien davantage que propose la danseuse de AH | HA et de We’re pretty fuckin’ far from okay, présenté cet été à Avignon : l’heure de spectacle est en effet émaillée d’instant de grâce ou de délicatesse, d’envoûtement ou d’humour. Sur le tapis de danse se reflète la silhouette de Lisbeth Gruwez, sur la tapisserie en fond de scène vole l’ombre de la danseuse. L’ensemble évolue alors en une danse suspendue, comme si l’état dans lequel la musique emporte la danseuse correspondait à une légèreté de l’esprit que le corps traduit. Dans le tableau final, d’une rare intimité, Marteen Van Cauwenberghe quitte ses platines et vient éclairer, un spot à la main, Lisbeth Gruwez plongée dans le noir et se mouvant au sol, glissant et volant, affrontant dans un duo poétique son propre reflet comme un être suspendu dans un espace hors repères, un monde marin ou aérien dans lequel rien ne compte davantage que le rapport absolu entre soi, la musique et la danse. Un état de perfection, de grâce et de sublime, sur le mélancolique Sad eyed lady of the lowlands de Dylan. Un spectacle qui fait briller la fragilité du bonheur simple.

Rick Panegy

  • Théâtre de la Bastille
  • Compagnie Voetvolk

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