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[Théâtre – Critique] La Grenouille avait raison de James Thiérée

A steampunk odyssey
by 12 décembre 2016
Verdict...
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Rick Panegy
Philip Pick
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A steampunk Odyssey
Dans son univers steampunk poétique et déjanté, James Thierrée fait naître, toujours, cette dialectique infinie de l’œuvre et de son créateur. La création, l’inspiration, l’artiste hors du monde. Un spectacle aussi hermétique qu’englobant et chaleureux.

« Je fais du théâtre pour ne pas avoir à expliquer ce qui remue à l’intérieur… » explique James Thiérée dans une note d’intention… Nous voici pourtant, avec La grenouille avait raison, en plein cœur du dedans, au centre d’un intérieur qui convoque autant Jules Vernes que Tardi. Un dedans qui résonne d’impressions et de sensations, de fééries et de magie, comme a toujours pu le faire l’artiste helvète, petit-fils de Charlie Chaplin, un dedans qui évoque autant la confrontation à la création que la cohabitation de l’artiste avec ses poétiques démons… Si Thiérée fait du théâtre pour ne pas avoir à expliquer, il veut « plutôt roder autour« … Et dans ce spectacle aux portes et aux tiroirs multiples, nous rodons tous en effet, avec la troupe sans cesse en mouvement, dans cette grotte de loufoqueries, autour de ce qui pourrait faire sens, sans jamais réussir à agripper ce levier sémantique qui guiderait cette aventure. Point de narration linéaire, point de chapitres, de balises dans ces rencontres circassiennes, balançant du mime à la danse, en passant de la grâce poétique à la bouffonnerie slapstick

A l’instar des précédents spectacles de la Compagnie du Hanneton, l’univers steampunk cher à James Thiérée irradie le plateau, démultiplié en mécanismes, en appareils démiurges auxquels un dessein métaphysique semble sans cesse associé. Des échelles en colimaçons se déploient, des pieuvres de fer aux couleurs chaudes surveillent des cieux les marionnettes qui s’agitent au sol, entre un piano autonome, un bassin mystérieux duquel des tuyaux lumineux s’échappent… Un immense rideau rouge, plus imposant encore que l’espace qui lui est réservé, habille la scène aux prémices de sa naissance : il disparaitra aux gré des chants envoûtants de Mariama, laquelle réapparait par instants à cour ou à jardin pendant le spectacle tel un chœur créature bienveillant ou prophétique.

Sur scène, autour de ce décors mouvant jusqu’à la fascination, on joue avec des assiettes, on plonge dans l’eau, on joue d’illusions entre des corps qui se collent, qui s’attirent, s’entremêlent. On se contorsionne (incroyable Valérie Doucet), on s’amuse de comique de répétition (Jean-Luc Couchard et Samuel Dutertre, par instants hilarants). La grenouille avait raison captive les plus jeunes par sa force visuelle, sa maitrise des gags, et enchante les adultes par son univers onirique et poétique -malgré les quelques longueurs- en leur autorisant, par l’absence de clef narrative, une véritable odyssée lyrique de l’imaginaire.

La famille qui s’agite sur scène, entre conflits, séductions, disputes ou complicités, raisonne comme celle d’une troupe de théâtre ; laquelle finit, après les errances et les quêtes inabouties qui l’ont animée une heure trente durant, par se faire avaler par une grenouille géante de papier, comme l’œuvre en devenir qui engloutit ses artistes, ses créateurs, ses interprètes, avec leur complicité soumise. Le rideau rouge peut bien réapparaitre, envelopper à nouveau l’espace de la création anthropophage, la magie reste en suspend, encore, quelques instants…

Rick Panegy

  • Compagnie du Hanneton
  • Au théâtre du Rond-Point
  • Avec le Théâtre de la Ville
  • Voir la critique de Tabac Rouge

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