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Théâtre / Arctique – Anne-Cécile Vandalem

Festival d'Avignon
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Rick Panegy
Yoosf
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LA CRITIQUE
Vu au Festival d'Avignon (Juillet 2018)

Là où Tristesses, la précédente pièce d’Anne-Cécile Vandalem, nous avait laissé une impression positive, dans l’attente d’un prochain opus qui mêlerait avec le même équilibre l’humour noir et un regard pointu sur l’avenir incertain du monde, ce nouvel opus Arctique nous plonge dans une sidération sans borne.

« Je souhaite partir du réel pour mieux le sublimer : le transcender en écrivant des histoires« . S’il est une vérité en effet, c’est que cet Arctique est très écrit, surécrit, écrit avec balises, à la manière d’un scénario de roman de gare, dont l’écriture cinématographique imprime à la pièce des allures de téléfilm. Les dialogues, pauvres (et joués par les comédiens avec un surjeu parfois grossier, n’hésitant pas non plus la blague à grosse cymbale) accompagnent un récit ponctué d’enquêtes, de mystères, d’énigmes qui se dénouent peu à peu au fur et à mesure de rebondissements et de révélations triviales ou sans finesse. Le théâtre de Vandalem, ici, se résume à l’interprétation de saynètes, de chapitres, au service d’un déroulement narratif tranquille, trop tranquille. Sur scène hélas, rien ne fait réellement exploser ce cheminement trop calme vers le dénouement. Enfermés dans la salle principale d’un bateau, l’artic serenity, les personnages finissent, au gré de situations sensées être explosives, de mises en tension, par accoucher des secrets qu’ils cachent afin de faire aboutir ce huis clos polotico-ecolo-policier d’anticipation.

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La conscience politique et le regard sur l’état du monde (ici les enjeux géopolitiques liés au Groenland et au réchauffement climatique) de Vandalem ne déclanchent pas, sur cet opus, le suffisant questionnement chez le spectateur, la faute à une écriture trop « romancée » et à une mise en scène trop distanciée. Ce n’est pourtant pas l’habitude de Vandalem qui sait, pourtant, avec humour et mordant pincer les déséquilibres politiques de notre monde

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Ici, l’utilisation de la vidéo éloigne le spectateur, mis à distance du récit par une diffusion quasi continue d’un hors champs total (le pont du bateau, à l’extérieur) là où dans Tristesses, la vidéo servait davantage le propos même de la pièce, jouant en permanence sur l’intime et le public, sur l’intérieur et l’extérieur, sur le caché et le révélé. Ici, bien que Vandalem espérait que la captation vidéo des hors champs accentueraient la dramaturgie, son utilisation n’apporte finalement pas grand chose à un reste déjà bien pauvre.

Espérons que le regard acéré de Vandalem sur l’état de notre monde, et sa capacité à en révéler le politique à travers des récits symboliques tirés du réel, retrouveront leur acidité dès sa prochaine production.

Rick Panegy

noterick

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