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[Spectacles] [Danse] Kadamati / Akram Khan
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[Danse] Kadamati / Akram Khan

by 11 septembre 2018
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Rick Panegy
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Massive Connection

L’évènement exceptionnel, qui devait lancer la saison parisienne en danse, a laissé un petit goût de frustration… L’immense chorégraphie Kadamati orchestrée par Akram Khan, réunissant plus de 700 danseurs professionnels et amateurs, et se déroulant en plein air sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris, a certes offert un superbe instant esthétique collectif mais il n’a guère proposé de geste chorégraphique fascinant. L’important était ailleurs semble-t-il…

Il fallait déjà réussir à se frayer un chemin pour tenter de voir quelque chose, tandis que d’autres spectateurs téméraires grimpaient ici et là, dès qu’ils le pouvaient, pour avoir l’espoir d’observer plus qu’un bout de bras levé qu’on pourrait apercevoir au-dessus des rangées de têtes et de téléphones… Une fois en place, on s’attend à quelque chose de grandiose, le nombre impressionnant de danseurs et le cadre de la représentation aidant à l’enthousiasme… La disette estivale aussi, peut-être, a creusé l’appétit de danse… C’est un peu une fête de rue, un rassemblement populaire dominical, où les passants rejoignent les amateurs de danse qui ont fait le déplacement. C’est surtout là que se niche l’intérêt de la chose…

Les 700 danseurs, des quatre coins de Paris et d’ailleurs, de tous âges, de toutes origines, incluant quelques invalides, finissent par entrer en ligne, disciplinés. Ils joueront la représentation trois fois dans l’après-midi. Rien de bien remarquable, physiquement : leur performance dure un bon quart d’heure, (longue) entrée et saluts compris… S’il faut reconnaitre que le gigantisme est, par définition, impressionnant, il semble qu’il n’apporte guère dans cette proposition, si ce n’est une portée symbolique, au regard du message universaliste qu’il entend déverser. Au final, la chorégraphie reste tout de même assez pauvre, assez mécanique et alignée (comme un grand flashmob…). Kadamati aurait peut-être tout autant fonctionné avec quelques centaines de danseurs de moins. Mais « La chorégraphie est une excuse, pour que les gens se rassemblent et se reconnectent au temps présent » précise Akram Khan… En cela, Kadamati a certes fait mouche.

Chacun est vêtu de noir ; le geste est lent et répété ; les bras, la tête, le cou, bougent à l’unisson (plus ou moins…), sur une musique sourde et vrombissante. Les corps semblent implorer, pliés, suppliant, réclamant. Les mouvements lancent vers le ciel des boucles de suppliques, ils cherchent à droite et à gauche, et semblent vouloir rendre sensible tout « l’autour ». La prière est évoquée, allant de mouvements de complainte aux gestes de volonté.

Célébrant la diversité, la vie, l’unisson, l’espoir et la communion (la démarche est assez consensuelle), Kadamati a finalement offert un moment trop court, dans un espace finalement un peu trop confiné pour l’ampleur du projet. Il aurait été utile de le voir avec plus de recul et de distance (comment proposer un spectacle de 700 danseurs à voir de face -ou de dos, ou de côté- sur le même plan avec aucun recul?). Kadamati n’aurait-il pas gagné, aussi, à moins user de l’artifice du nombre ? Cette chorégraphie monumentale Kadamati (« Terre d’argile » en Bengali) se faisait le pendant français d’une représentation similaire au Festival d’Edimbourg cet été, commémorant le centenaire de la première Guerre Mondiale, laquelle, devant le Palais de Holyrood, semblait moins confinée et plus aérée, moins rectiligne et moins oppressée…

Ce grand projet d’une remarquable ampleur, gratuit, a cependant permis un accès à tous, grâce à la collaboration du Théâtre de la Ville, du Théâtre du Châtelet et du Festival d’Edimbourg, un dimanche de septembre, communiant autour de l’art et de la mémoire. Les captations en plongée depuis l’immeuble en face de l’hôtel de Ville permettent, a posteriori, d’apprécier peut-être davantage la proposition.

Rick Panegy

La performance au Festival d’Edimbourg devant le Palais de Holyrood.

La performance à Paris.

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