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Festival d'Avignon
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Rick Panegy
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LA CRITIQUE
Vu au Festival d'Avignon 2019

Une énième adaptation de Phèdre ? Non. Un seul en scène dans lequel Romain Daroles incarne tous les personnages, guidant le spectateur, endossant le rôle du docteur es-tragédie, dans les méandres et les complexités du texte, ses origines mythologiques, ses plus grandes tirades ou ses grotesques situations tragiques. C’est drôle, rythmé, sans cesse bouillonnant d’une légèreté toute paradoxale, mais instructif : une révision sautillante et parfois hilarante du texte, démystifié ici pour en faire ressortir toute la beauté de l’écriture et la grandeur du récit, et par la-même, du génie de Racine.

Romain Daroles, seulement armé de son livre et d’une table au cœur de la scène, fait mouche. Tantôt mutin, tantôt audacieux, un brin provocateur et toujours avec entrain, il sautille de calembours et de jeu de mots (parfois bien appuyés) en parodies des scènes et en incarnation décalée des personnages de la tragédie, alternant le cours magistral (en interagissant  avec son public) et le jeu. Voila Racine décortiqué, sa Phèdre épluchée, parfois singée, l’admiration du grand texte toutefois en filigrane. Un seul comédien pour tout Phèdre ? Dix fois oui, car ici, point de Phèdre de Racine dans le texte donc, mais un Phèdre!, de François Gremaud, où il s’agit, par la révélation de ce point d’exclamation final, de dire toute la grandeur et la beauté que ce texte provoque, d’en dire l’étonnement, la complexité, l’incontournable richesse ou la stupéfaction. La tragédie devient ici, dans une sorte de cours magistral, pendant 1h20, la plus hilarante des comédies, Feydeau en point de mire, comme le souligne le jeune comédien-professeur, toujours coquin. La dérision des situations est osée, Phèdre et tous les personnages moqués, avec la bienveillance de celui qui aime ceux qu’il taquine.

Finissant dans une pirouette-mise en abîme, le Phèdre ! de Grémaud laisse la légèreté au cœur de sa pièce comme entrée dans la tragédie et dans toute la complexité  de ce texte référence : derrière le rire et le ton décalé, le côté one-man show, on se replonge dans la mythologie fondatrice du récit de Racine, on redécouvre l’amour des alexandrins et la beauté de certaines tirades. Il se pourrait bien qu’à la prochaine adaptation de Phèdre, on pense ici ou là, au cour de la tragédie, à ce Phèdre! incarné par Romain Daroles ; il s’agira à ce moment-là de contenir le rire que le souvenir nous évoquera…

Rick Panegy

 

 

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