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Spectacle / Outside – Kirill Serebrennikov

Festival d'Avignon
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Victor Inisan
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LA CRITIQUE
Vu au Festival d'Avignon

Outside est un emboîtement de fantasmes : Kirill Serebrennikov enfante un double de lui-même (irrésistiblement attiré par une fenêtre qui l’arrache à la solitude en même temps qu’elle la lui rappelle), qui fantasme une relation amicale avec le poète et photographe Ren Hang, qui déploie lui-même un univers photographique, dans lequel une série de corps splendides créent des tableaux érotico-kitsch.

Ainsi, d’une narration dont chaque morceau est l’écho imaginaire de l’autre : les modèles photos renvoient au photographe, qui renvoie au double du metteur en scène, qui renvoie lui-même au metteur en scène — le tout coulé dans un récit fleuve, partagé entre dialogues et chansons. Il faut savoir, en outre, que le photographe chinois s’est suicidé deux jours avant d’honorer une rencontre prévue de longue date avec le Russe… De sorte que Serebrennikov fait malgré lui le récit d’un mort ; lui qui, faute de pouvoir sortir de Russie, coordonne le show à distance. Le fantasme ne s’étend-il pas au-delà de la scène ? Deux créateurs : l’un est mort, et l’autre assigné à résidence. Précisément : Outside parle peut-être de la force créatrice de l’absence — de ceux qui survivent à leur propres limites (physiques, géographiques). Le spectacle part de la mort pour parler de la vie ; autrement dit, il fait ce qu’il y a à faire pour créer de la vie. Ici, ressusciter les images.

Dommage que le résultat plastique du fantasme (qui se noue au moins sur trois mises en abîme) soit bien moins frappant que son trajet… Car Outside, rythmé par des reproductions des photos de Ren Hang, n’explore pas franchement la construction du phénomène (la manière dont les corps s’agencent petit à petit) ni le phénomène lui-même (quand le mouvement devient image fixe)… D’autant que la lumière assez peu travaillée (barres LED ou flashes « cheap » mêlés à des halogènes unidirectionnels) a vite fait de transformer la scène en un grand bain d’aplats sans volumes, réduisant les corps à de purs objets marionnettiques. Il aura donc fallu à Serebrennikov un formidable cosmos de fantasmes pour un résultat plus ou moins réussi. Plus que jamais peut- être, on dira que c’est le chemin qui compte, et pas le résultat.

Victor Inisan

 

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