[Film – Critique] La guerre est déclarée (Valérie Donzelli): tout pour plaire

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Assurément le film français “coup de poing” de la rentrée pour beaucoup… L’auto-fiction relativement efficace de la réalisatrice Valérie Donzelli face à la maladie de son fils va en attendrir plus d’un. Difficile à attaquer en raison d’un sujet grave et d’un témoignage poignant . Néanmoins, il faudra rester objectif sur sa forme: on ne trouvera pas dans La guerre est déclarée une réalisation très originale ou créative.

Dans la vraie vie, Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm ont vécu une épreuve difficile: leur jeune fils, Gabriel, est diagnostiqué avec une tumeur maligne au cerveau. Après avoir surmonté ce passage difficile qui aura eu raison de son couple, la jeune réalisatrice décide de porter à l’écran son récit du combat contre la maladie.

Forcement, l’objet final est un film qui va rencontrer un grand succès auprès d’un large public en quête d’émotions. Il faudrait être de marbre pour ne pas compatir et admirer le courage de ce jeune couple. La maladie est extrêmement grave, compliquée à comprendre, elle fait peur car les cas de rémissions sont rares et elle touche ici un très jeune enfant. Le film aborde ce combat de manière positive,  parfois même avec un peu d’humour sur un ton décalé. Le moral et la volonté combative des parents se veulent sans doute un exemple à suivre. Un témoignage presque documentaire qui pourra servir à de nombreuses personnes vivant le même genre d’épreuve. Malheureusement, tous n’auront pas leur chance au final, même avec cette force. Peut-être est-ce également une façon pour la réalisatrice d’exorciser cet épisode difficile de sa vie en tant que mère mais également  en tant qu’amante. On regrettera l’impasse faîte sur ce qui a brisé ce couple montré si fort et uni tout au long de cette épreuve. Ce n’est pas le sujet du film, mais à force de tout montrer sous un angle positif, l’annonce de leur séparation soulève la curiosité.

Mais ne laissons pas tous ces éléments brouiller notre regard critique. Car si le sujet est grave et réel, on se sent comme pris en otage par les bons sentiments. Certains, séduits par l’affect, pardonneront facilement une forme plutôt banale.  D’autres s’empêcheront d’aborder le côté artistique de peur de tomber dans le politiquement incorrect. Mais qu’en est-il réellement de la forme ?

La réalisation reste relativement banale, peu créative et les quelques fausses prises de risques artistiques sont peu originales, voire toutes convenues. La séquence chantée au milieu du film (à la manière de Christophe Honoré et Alex Beaupain) en devient presque ridicule. Le couple d’acteurs dans leur propre rôle est à la limite de jouer faux. Difficile donc de qualifier ce film de réelle œuvre d’art, comme l’est, par exemple, Journal Intime de Nanni Moretti, une auto-fiction qui traite également d’un combat personnel contre le cancer, mais de manière nettement plus drôle, plus fine et plus inventif. Si toutefois vous n’avez pas un œil trop regardant sur la forme et que vous cherchez l’émotion, peut-être serez-vous totalement affecté par cette belle histoire peu artistique.

Philip Pick

Bande annonce La guerre est déclarée (2011) Valérie Donzelli

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5 thoughts on “[Film – Critique] La guerre est déclarée (Valérie Donzelli): tout pour plaire

  1. Assez d’accord, si ce n’est qu’il faut nuancer sur la forme : selon les séquences, il y a de belles choses, mais, souvent, le film est laid. Déjà sur sa photo et sa direction d’acteur qui crée une véritable barrière avec la situation !
    C’est un film qui joue sur l’émotion, mais je n’ai pas pu y rentrer, et ce qui me surprend, c’est qu’en général, ces films se font fusiller par la critique, mais pas lui. L’inspiration du réel aurait-elle attendri les chroniqueurs ?

  2. Et dire qu’il va représenter la France aux Oscars !!!
    Et si on a envie d’attendrir les chroniqueurs en faisant un film sur la mort de notre chat, venu à bout de notre couple? On ferait un “film” sous la forme d’un témoignage, avec quelques séquences presque “nouvelle-vague” pour faire genre, filmées avec un bel appareil photo et on terminerait le film avec un plan ralenti sur nous et la photo dudit chat… Et pour faire vraiment bien : on ajouterait des morceaux de musique branchouilles ou bobos, pouf, comme ça…. Ca pourrait marcher ?

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