[Film – Critique] Crazy, Stupid, Love (Glenn Ficarra, John Requa)

Affiche crazy stupid love 2011[fblike]

Sous les apparences d’une histoire aux mœurs sexuelles un peu libérées et avec quelques bonnes répliques assez drôles, Hollywood nous piège à nouveau avec l’une de ses sempiternelles comédies romantiques aux rebondissements lourds et prévisibles.

Cal (Steve Carell), quadra mal-habillé, mal-chaussé et mal-coiffé, apprend de sa femme Emily (Julianne Moore) qu’elle a couché avec un autre homme (Kevin Bacon) et qu’elle souhaite le divorce. Il va trouver refuge auprès d’un séducteur professionnel, Jacob (Ryan Gosling), qui va le relooker et lui apprendre à devenir le stéréotype d’une machine à séduire les femmes. Comme si cela n’était pas assez compliqué, en parallèle, les enfants, eux aussi, connaissent leurs lots de problèmes face à l’amour, la séduction et le sexe…

Steve Carell et Julianne-Moore dans Crazy, stupid, love 2011

Faussement subversif et misogyne

Adultère, masturbation, partenaires sexuels multiples, séduction facile, lolitas, alcool, le film commence sur des thèmes un peu osés et subversifs pour Hollywood. Au premier abord, on semble se trouver devant une contre-comédie romantique, se moquant même de certains des clichés habituels du genre. Une histoire un peu amère brisant le rêve du grand amour. L’âme sœur n’existe pas vraiment et le seul refuge à la déception sentimentale du mari trompé se trouve dans la séduction facile des femmes. Car pour le séducteur Jacob, mettre une femme dans son lit le soir même est une chose facile et se réduit à quelques règles simples: être bien habillé, payer le verre de la dame, l’écouter, ne pas parler de soi et faire un ou deux compliments. Une recette miracle pour faire tomber les femmes comme des mouches. Mêmes celles qui semblent être les plus résistantes, tombent pour un compliment  ou un “lancé” façon scène finale de Dirty Dancing. Un peu réducteur pour l’image des femmes non?

Ryan Gosling Nu dans Crazy Stupid Love

Vraiment “gnangnan”

Mais que la gente féminine se rassure! Toute cette mise en place un peu macho n’est qu’une mascarade. Un leurre pour trainer votre boyfriend au cinéma sans qu’il rechigne trop. Car le film va vite se transformer en guimauve mainte fois éprouvée. On aurait dû s’en douter avec ces thèmes subversifs toujours très propres à l’image et ces grossièretés jamais complètement dites, seulement fortement suggérées. Car en fait, l’amour, le grand, le beau, existe ! Le séducteur frivole va trouver l’âme sœur. Le cocu va se rendre compte que c’est en fait de sa faute si sa femme l’a trompé et va pouvoir  enfin la re-séduire. Un happy end plein de bons sentiments, de morale, du déjà vu et revu et rabâché.

crazy stupid love

La complexité du scénario construit sur des intrigues entremêlées n’aide en rien la digestion de cette comédie morale déguisée en film faussement aiguisé. Tous les comédiens, de Julianne Moore à Emma Stone, en passant par Marisa Tomei, sont rendu insipides par cette histoire qui hésite entre parodie décalée et romantisme exacerbé. On n’en retiendra que quelques répliques cinglantes et drôles. Mais c’est trop peu.

Philip Pick

Bande Annonce Crazy, Stupid, Love (2011)

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