[Film – Critique] Drive (2011) Nicholas Winding Refn: un western moderne hypnotique et violent

[fblike]

En 2011, avec le polar noir Drive, adapté du roman du même nom de James Sallis (2005), le réalisateur danois Nicholas Winding Refn (la trilogie des Pusher, Valhalla Rising, Bronson, Inside Job…) réalise son premier buzz international, et sans doute son film le plus accessible à ce jour, en remportant cette année au Festival de Cannes, le prix de la mise en scène.

Drive met en scène un conducteur hors pair et sans nom (Ryan Gosling), garagiste/cascadeur automobile le jour et chauffeur malin pour cambrioleurs la nuit. Épris de sa voisine (Carey Mulligan) et de son fils, il va rapidement se retrouver emporté dans un violent tourbillon de règlements de comptes mafieux.

L’ambiance de ce polar mélancolique est portée par un vision léchée de la mise en scène contrebalancée entre  de jubilatoires ralentis contemplatifs et de violentes actions haletantes dans l’immense dédale de Los Angeles. Le spectateur est lentement plongé dans une atmosphère pesante portée par une bande originale omniprésente. La musique de Cliff Martinez est planante et légèrement pulsée par des bruitages et une electro rétro (comme celle composée par Vangelis pour Blade Runner). Elle alterne somptueusement à des chansons pop 80’s du même calibre tel le Nightcall de DJ Kavinsky Featuring Lovefoxxx, Under Your Spell de Desire et A Real Hero de College Featuring Electric Youth.

Cet hypnotique et jubilatoire voyage dans le temps, en apesanteur, foisonne de références cinématographiques. On retrouve quelques courses-poursuites motorisées (loin de prendre toute la place du film) comme à la William Friedkin (French Connection), des fusillades mafieuses à la Martin Scorsese ou Michael Mann, de sanglants règlements de comptes ultra-violents à la Park-Chan Wook, et un héros justicier au rapport suicidaire avec sa machine automobile qui n’est sans rappeler Crash (1996) de David Cronenberg. L’action motorisée, les fusillades, et les échanges musclés mis en scène efficacement nous font rêver d’un prochain James Bond dirigé par Refn.

On reprochera sans doute à cette sombre aventure esthétique un manque d’originalité dans son scénario. Le résultat de l’exercice de combinaison des différents styles dont il s’inspire est un objet plaisant, loin d’être un échec.  Ryan Gosling, tout en retenue, tel les cowboys justiciers anonymes des Westerns de Clint Eastwood, traduit parfaitement les pulsions de cet anti-héros énigmatique épris de la veuve et de l’orphelin qui ira jusqu’au bout de sa course infernale pour les sauver.

Philip Pick

Regarder la Bande annonce Drive de Nicholas Winding Refn (2011) en VOST

[youtube width=”600″ height=”365″ video_id=”wz5LYdgG5Vk”]

4 thoughts on “[Film – Critique] Drive (2011) Nicholas Winding Refn: un western moderne hypnotique et violent

  1. C’est vrai qu’on peut parfois penser à Blade Runner, à travers les plans larges de la métropole accompagnés de musique planante 🙂 Winding Refn doit être un sacré cinéphile ! Le personnage du “driver” fait aussi penser à Deckard incarné par Harrison Ford, par son caractère impénétrable…

  2. Ahhh, un James Bond par NWR, vous me faites saliver les gars, c’est malin ! J’y avais pas pensé avant et maintenant, ça me semblerait presque une évidence (et ça relèverait peut-être enfin le niveau, en attendant de voir ce que Sam Mendes va nous faire).

    1. Ca donnerait un James Bond à l’ambiance plus sombre, plus violent et esthétique…intéressant.. Qd à Sam Mendes, va-t-il ns faire un james bond plus “psychologique” ??

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *