[Film – Critique] Les Géants de Bouli Lanners: la fuite du monde des adultes

[fblike]

Entre le road-movie initiatique dans l’arrière pays belge et le conte d’humour noir Les Géants du réalisateur Bouli Lanners (Ultranova, Eldorado) touche par sa singularité et ses jeunes acteurs mais exploite un thème déjà souvent vu au cinéma par le passé.

Deux jeunes frères, Zak (Zacharie Chasseriaud) et Seth (Martin Nissen) se retrouvent sans le sou et sans supervision parentale, un été dans leur grande maison de campagne. Entre deux bêtises ils vont faire la rencontre d’un autre garçon, Danny (Paul Bartel). Se liant d’amitié, les trois compères vont se lancer dans une grande aventure singulière au travers de la campagne belge, peuplées d’êtres tous plus méchants et laids les uns que les autres.

Lanners filme la campagne belge de façon magnifique, totalement sublimée par une lumière et une photographie ultra-maitrisée pour cette aventure adolescente qui parait se dérouler dans une grande forêt nord-américaine. Ces décors de nature, tantôt chatoyants, tantôt menaçants, ne sont pas sans faire penser au voyage initiatique du Stand-by Me (1987) de Rob Reiner.

Les trois ados sont en passe de devenir des adultes. Ces aventures en quête de liberté le long de la rivière et dans la forêt wallonne représentent  ce  refus de grandir et la fuite du monde des adultes. Ces adultes qui sont tous représentés ici comme de méchants monstres  idiots et consanguins (à l’exception de la gentille Rosa qui va les recueillir, un personnage interprété par la magnifique Marthe Keller), qui inscrit davantage cette histoire dans la lignée des contes que celle des fictions réalistes. Un conte où les situations flirtent souvent avec un certain manque de réalisme ou  à l’opposé une certaine exagération. L’aventure, parfois terrifiante, parfois drôle et touchante de trois adolescents perdus,  qui s’émancipent pour devenir libres comme l’air et fuir l’horreur d’une vie d’adulte toute tracée d’avance.

Alors que le sujet n’est pas forcement original, Bouli Lanners parvient à donner assez d’originalité (parfois déroutante et inattendue) à son histoire qui flotte entre rêve et cauchemar d’un enfant de la génération perdue. Un beau petit objet de cinéma peu commun qui pourra parfois perdre un spectateur devenu trop adulte.

Philip Pick

Regardez la bande annonce Les Géants de Bouli Lanners (2011)

[youtube width=”600″ height=”365″ video_id=”55FOOmvziEo”]

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *